Saga d’entrepreneur : Daniel Kurbiel

"Nous ne sommes pas une petite marque, mais une grande marque encore petite", assure Daniel Kurbiel.

Polaar vient de faire entrer à son capital un fonds d’investissement, afin de financer ses projets de développement en recherche et à l’export. Son fondateur, Daniel Kurbiel, est venu aux cosmétiques en passant par le cercle polaire.

Rencontrer Daniel Kurbiel, c’est avoir la certitude de parler de lichen, de micro-algues, d’aventuriers… et un peu de cosmétique. Car le fondateur de Polaar, marque de soins spécialisée dans les actifs polaires, est arrivé dans cette industrie presque par hasard. Plutôt baroudeur et attiré par les exploits sportifs, il fait des études de marketing au Canada et débute comme consultant à l’institut Gallup. Cette expérience dans le monde anglo-saxon lui apprend que les cosmétiques pour hommes y sont beaucoup plus développés qu’en Europe. Surtout, ce fils d’explorateur polonais accompagne très tôt son père dans des expéditions polaires. Il se passionne pour des organismes aux caractéristiques étonnantes, comme l’olivier de Sibérie, une baie 30 fois plus chargée en vitamine C qu’une orange. Il apprend aussi les conditions de vie en autarcie qui lui seront bien utiles pour ses débuts dans un bureau de 14 m², avec deux autres personnes et un an de stocks calés contre le mur. 

inter

Avec Karine Roche, une transfuge du Boston Consulting Group, il lance Polaar dès 2004, avec une présence au salon parisien Cosmeeting. «Nous nous sommes préparés comme si nous faisions un projet pour un client. J’ai épluché toutes les bases de données cosmétiques. Il fallait chercher les fournisseurs, trouver les bons interlocuteurs, poser les bonnes questions.» La ténacité, le culot et la chance guident leurs premiers pas. Jean-Claude Le Joliff, ex-directeur de la R&D de Chanel, les conseille sur la formulation. Philippe Lentz, un ancien de Guerlain, les envoie au siège de Marionnaud, qui référencera la marque en exclusivité après une première incursion en grands magasins. Pour les packagings, Daniel Kurbiel choisit un standard en forme de voile de Qualipack. Un ami designer dessine le logo, qui évoque un iceberg à fleur d’eau. Pour les formules, «la marque est sans alcool, sans huile minérale, sans parabène mais nous ne voulions pas la positionner sur le bio.» Des cosmétiques pour hommes, elle se diversifie vers la femme, qui représente 50% du chiffre d’affaires, les solaires, qui ont atteint jusqu’à 20% des volumes du rayon chez Marionnaud, et le froid extrême. Une ligne anti-âge est prévue au premier semestre 2013, autour d’un organisme capable de s’auto-cicatriser.

L’entrée minoritaire du fonds Seventure Partners dans le capital va lui permettre d’investir dans la recherche sur les organismes «extrêmophiles» et de financer son développement international, avec en ligne de mire les nouveaux pays émergents d’Asie : Indonésie, Philippines, Vietnam… «Je dis depuis le début que nous ne sommes pas une petite marque, mais une grande marque encore petite, assure l’ambitieux dirigeant. Mon but est de laisser une trace dans les annales cosmétiques. C’est pourquoi nous collaborons avec des universités en recherche fondamentale.» Le chef d’entreprise s’enorgueillit aussi de bénéficier de soutiens publics comme Oseo, le Crédit impôt recherche, et le Centre francilien de l’innovation.

Son parcours

Né en Pologne en 1973, Daniel Kurbiel arrive en France à l’âge de 15 ans. Très vite, il accompagne son père explorateur dans ses expéditions polaires. Après un bac littéraire, il part étudier à HEC Montréal et débute comme consultant chez Gallup, tout en devenant champion de France de voile olympique. Avec Karine Roche, rencontrée pendant ses études, il fonde Polaar en 2004. La marque est actuellement présente dans 1 200 points de vente dans le monde et génère 8 millions d’euros de ventes retail.

Facebook
Twitter