PLV : Marie-Laure Traux-Binsse

Deuxième chapitre de cette rubrique dédiée aux créateurs d’entreprise. Une femme à nouveau, mais cette fois en amont de la filière. Portrait de Marie-Laure Traux-Binsse, présidente de Marie Laure PLV Merchandising.

La rencontre avec un banquier prêt à parier sur cette jeune femme qui veut travailler dans le cartonnage et la PLV a permis le démarrage de l’histoire aux débuts des années 80. Mais Marie-Laure Traux-Binsse a également su disposer des aides possibles en travaillant avec l’Agence nationale pour la création d’entreprises puis très vite, elle s’est tournée vers le Codel, émanation d’Eure-et-Loir, premier département à faire partie de la Cosmetic Valley. En effet, dès 1984, expropriée de son atelier de Courbevoie, elle ouvre une usine à Thiron. «On trouve dans ce bassin d’emploi une main-d’œuvre de qualité que l’on peut fidéliser», précise-t-elle. Parallèlement, elle cible les cosmétiques, particulièrement friands de hors-média et, par conséquent, de PLV.

Commence alors une période de croissance externe afin de pouvoir fournir des réponses multimatières à ses clients. En 1991, Marie-Laure Traux-Binsse achète une usine spécialisée dans le métal en Seine-et-Marne. Suit la reprise d’Injection Plastique Créaplast dans l’Eure-et-Loir puis de Paillet, spécialiste du mobilier permanent, à Orléans, en 2001. Ce développement est autofinancé. «J’ai toujours réinvesti, se souvient-elle. Et je refuse toute délocalisation. Produire en France est possible mais résister à la tentation de la délocalisation demandait des restructurations et une rationalisation industrielle pour réduire les coûts fixes en concentrant trois usines sur un même site, à Nogent.» Pour financer ce projet ambitieux, elle se tourne vers le Codel et des investisseurs. En 2007, alors que le chiffre d’affaires de son entreprise se monte à 45 millions d’euros, elle en cède 60% à Argos Soditic, groupe de capital investissement spécialisé dans les PME, avec l’ambition de finaliser l’installation à Nogent. Mais la crise arrive et les ambitions sont peu à peu revues à la baisse même si le projet est finalement lancé.

En 2011, alors que les problèmes de santé qui avaient émoussé l’énergie de cette combative sont résolus, elle reprend la main et après quelques heures de discussion, rachète son entreprise : «Face à la crise, je ne voulais pas d’une réponse de financier mais d’industriel, prouver que fabriquer en France pour la parfumerie sélective, c’est possible, y compris pour les grands marchés étrangers.» Bien sûr, la patronne de Marie Laure PLV ne tombe pas dans l’angélisme : «Nous avons été attentifs aux messages de “localisation” de nos clients et nous avons su trouver des partenariats locaux pour accompagner leur croissance dans les nouvelles économies, notamment en Asie». Ce n’est pas le seul grand projet de Marie-Laure Traux-Binsse. Alors que sa société a retrouvé son niveau d’avant crise avec ses 45 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés à près de 70% dans les circuits de distribution de la beauté, elle veut mener à bien sa nouvelle ambition, la «Cité de la réussite, un projet ni de droite, ni de gauche pour sortir les jeunes des quartiers difficiles de leur milieu confinant».L’arrivée de Renaud Malarre à la direction générale devrait lui en laisser le temps.

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