Pharmacie : quand les groupes aident au rachat

Les groupements sont de plus en plus nombreux à accompagner leurs adhérents ou les adjoints dans la création ou la reprise d’officine. Objectif : pérenniser le réseau.

Primos-Néos, c’est ainsi que Pharmodel Group a baptisé son offre d’accompagnement des pharmaciens dans leur première ou nouvelle installation. «Nous les avons toujours conseillés et soutenus auprès des banques, affirme Rafael Grosjean, président du groupement, il s’agit maintenant de modéliser et d’élargir ce service dès janvier 2013. Nous sommes en contact avec un établissement bancaire. Au-delà, nous déclinerons une batterie de services – étude géomarketing, analyse de la concurrence, assortiment type, organisation du point de vente puis connaissances en gestion, achat, management… – afin de faire rapidement de la pharmacie rachetée un centre de profit.» Le tout au prix normal d’une adhésion, l’acquéreur devant s’engager deux ans avec Pharmodel. Pour Rafael Grosjean, «cette nouvelle offre, sans être indispensable, répond à un besoin et constitue un avantage concurrentiel».

Ces trois dernières années, les propositions d’aide au rachat ou à la création se sont multipliées de la part des groupements. Les banques accordent moins de prêts, surtout dans un secteur d’activité essoufflé. «Plus d’une pharmacie ferme tous les trois jours en France et 18% des officines ont réalisé des licenciements économiques en 2011», rappelle Daniel Buchinger, président d’Univers Pharmacie. Près de 140 pharmacies sur 22 706 ont définitivement tiré leur rideau l’année dernière, pour des raisons économiques ou faute de successeur. Un titulaire sur trois a plus de 55 ans. «Grâce à Univers Pharmacie Développement, nous constituons un vivier de repreneurs au sein du groupe», explique Daniel Buchinger. La société (65% des fonds provenant des affiliés, le reste de sociétés de financement comme Naxicap, du groupe Banques Populaires, et Alsace Création) aura soutenu quatre rachats à la fin de l’année. «Nous espérons en avoir entre 5 et 8 supplémentaires en 2013», indique le président. Cet investissement n’est pas sans risque pour le groupe puisqu’il prête sur cinq ans l’apport initial nécessaire pour une pharmacie d’au moins 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le pharmacien restant propriétaire de la totalité du capital de l’officine. «Nous ne sommes pas actionnaires, nous n’avons pas vocation à créer une chaîne intégrée», insiste Daniel Buchinger. Le futur acquéreur est néanmoins tenu de suivre des formations en gestion, management… et de rester adhérent Univers Pharmacie pendant au moins sept ans.

L’un des premiers à avoir mis en place un service d’aide financier est le groupe Galien Développement (CA de 68 millions d’euros). Co-fondé en 2008 par Benoît Bouche, un pharmacien diplômé de Harvard Business School, entouré de professionnels de la finance (60% détenus par Viveris Management, affilié de la Caisse d’Epargne) et de la distribution, dont Xavier Dura (ex-PDG de Nocibé), le groupe a soutenu une vingtaine de pharmaciens de la région Paca avant d’étendre le dispositif en Rhône-Alpes. «Nous détenons environ 28 millions d’euros de fonds propres, affirmait il y a quelques mois Benoît Bouche. En aucun cas nous ne prenons des participations dans le capital des pharmacies.»

A l’inverse de Galien Développement et d’Univers Pharmacie Développement, les autres groupements (groupe PHR, Pharmodel et, plus récemment, Pharmactiv) n’engagent pas leurs fonds ou ceux des affiliés. Ils sélectionnent les candidats puis soutiennent leur dossier auprès d’un établissement bancaire. Pharmactiv vient ainsi de signer un partenariat avec Interfimo (filiale de LCL) pour accorder des prêts à des primo-accédants désireux d’entrer dans une SEL aux côtés de titulaires affiliés Pharmactiv. Si les modèles varient, la motivation demeure identique : maintenir le réseau d’officines.

Facebook
Twitter