Analyse sensorielle : De précieux outils d’analyse

Les outils d’analyse sensorielle sont primordiaux pour les marques et les fournisseurs d’ingrédients, qui y trouvent des réponses pour faire évoluer leurs produits. Tour d’horizon avec quelques techniques qui permettent de cerner le consommateur.

« L’analyse sensorielle est une science. Elle regroupe la description objective des produits », détaille Anne-Sophie Adam, manager international sensory evaluation chez L’Oréal. Elle explique que cette science est née après la seconde guerre mondiale. Développée par les Américains et d’abord utilisée dans le domaine de l’agro-alimentaire, cette analyse est aujourd’hui une composante indispensable de la beauté.

 

Le congrès Cosmetic&Sensory, organisé fin juin à Tours, a été l’occasion de présenter quelques méthodes d’analyse sensorielle qui peuplent les cosmétiques. Relativement nouvelles, la Dominance temporelle des sensations (DTS) et le Positionnement sensoriel polarisé (PSP) ont été développées au sein de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). La première est utilisée pour enregistrer des séquences de sensations, notamment afin de savoir dans quel ordre elles sont ressenties. En effet, il n’est pas possible de déterminer la temporalité des sensations avec un profil sensoriel classique. Le PSP quand à lui, utilise les produits en tant que références. Ainsi, il « décrit un espace de sensations du produit », explique Pascal Schlich, de l’Inra. Et permet de s’affranchir des descripteurs. Cette méthode fonctionne pour petit nombre de produits et permet de clarifier l’importance de certains critères. Aussi bien la DTS que la PSP, conçues pour l’alimentaire au départ, seraient applicables à la cosmétique, dans des conditions naturelles d’utilisation. Chanel a d’ailleurs réalisé une première étude avec 12 sérums, pour évaluer la faisabilité de l’utilisation de la méthode PSP. En conclusion, il s’est avéré que la méthode mettait en évidence des différences qui n’étaient que légères sur le profil sensoriel.

 

Du côté de L’Oréal, nombre de techniques d’évaluation sont utilisées pour cerner les leviers d’amélioration sur les cosmétiques. « Nous travaillons avant tout sur les personnes, dont nous voulons apprécier l’âge. C’est ainsi que nous avons travaillé sur l’évaluation de photos de visages, afin de mieux comprendre ce qui compte dans la perception de l’âge », explique Anne-Sophie Adam. Un panel d’experts recadre les photos pour en masquer les signes explicites du temps qui passe qui pourraient avoir une influence dans l’évaluation (cheveux gris…). L’intérêt de l’étude est ici la combinaison de plusieurs paramètres. Conclusion : avant 35 ans, ce sont les signes du haut du visage qui comptent. Après, ce sont les signes du bas du visage, comme la ptôse. L’âge apparent est ainsi mieux compris, et les laboratoires ciblent les ”bonnes” rides.

 

Chez Gattefossé, le panel d’experts dans l’analyse sensorielle a été créé en 1996. Le focus est fait sur leurs matières premières. « À partir du moment où je dépasse trois critères sensoriels, il est difficile de réaliser une représentation graphique », explique Vincent Hubiche, personal care application lab manager chez Gattefossé. Avec l’ACP, l’Analyse en composantes principales, l’idée est de synthétiser un grand nombre de données afin d’obtenir un graphique qui en fasse ressortir les différences. La technique n’impose pas de limites en termes de nombre de produits, qui sont regroupés par famille. Leurs similarités peuvent alors facilement être identifiées. En outre, la méthode peut être utilisée pour déterminer les préférences selon les pays et les consommateurs.

Si la recherche est active dans le domaine du sensoriel, encore faut-il être équipé pour en mettre en œuvre les avancées techniques.

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