l’officine renforce son expertise santé

Galien Développement, qui a racheté le site de parapharmacie monguidesante. com, compte jouer à fond le cross canal. à commencer par le retrait en officine des produits commandés.

Depuis la loi HPST de 2009 et le récent accord avec l’Assurance-maladie sur le paiement d’honoraires, la pharmacie pourrait faire des choix dans son offre beauté.

Il y a un mois et demi, le groupe de vingt pharmaciens Galien Développement (chiffre d’affaires : 68 millions d’euros) inaugurait son concept d’officine à Carpentras, dans le Vaucluse. Fondé en octobre 2008 par Benoît Bouche, un pharmacien diplômé de Harvard Business School, et par des professionnels de la finance et de la distribution dont Xavier Dura (Nocibé), le groupe a imaginé un lieu de prévention et d’éducation thérapeutique. «Toutes les alternatives à la pharmacologie, comme la phytothérapie, l’aromathérapie ou la diététique, sont surexposées, indique Benoît Bouche, PDG. Nous avons limité le nombre de fournisseurs de para ainsi que les descentes linéaires dédiées aux marques. Nous pourrions référencer des marques de parfumerie, comme Clarins, Sisley ou Institut Esthederm, voire de mass market, comme Nivea ou une MDD, pour avoir des prix attractifs. Je ne suis pas sûr que le consommateur fasse la différence entre la dermocosmétique et la cosmétique.»

Actualité oblige – loi HPST et accord du 29 mars 2012 avec l’Assurance-maladie -, la plupart des groupements travaillent sur leur assortiment en parapharmacie afin d’être en adéquation avec les nouvelles missions du pharmacien.

Répondre aux attentes de tous les patients

«L’idéal serait de référencer des gammes au positionnement santé-bien être. Le titulaire doit pouvoir répondre aux attentes de patients dialysés, greffés… Mais il est difficile d’en trouver. Et, à regret, nous allons devoir mettre entre parenthèses ce pôle bien-être», explique Lucien Bennatan, président de PHR. Dans les 164 Viadys ou Pharma Référence du groupe PHR ayant adopté le merchandising «Se soigner» et «Préserver sa santé», la para a progressé de respectivement 2% et 4% contre une hausse moyenne de 1% au niveau national. «Nous serons de plus en plus sur une offre de cosmétique dermatologique. Toutes les marques actuellement en pharmacie ne passeront pas ce cap», estime Serge Carrier, directeur général de Pharmactiv, qui s’oriente vers une «beauté santé/prévention». «Nous nous sommes interrogés sur les besoins des patients – 250 par jour – au-delà du médicament. Certains ont des effets cutanés indésirables à la suite de traitements anticancéreux ou contre le VIH, expliquent Guilhem et Isabelle Bichet, titulaires d’une officine de 50 m² située dans un quartier résidentiel, à proximité de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Nous sommes partis de ce constat pour élargir notre expertise à la dermocosmétique, que nous avions réduite ces cinq dernières années. Nous la développerons mais en partenariat avec un nombre limité de fournisseurs afin de mieux connaître les produits. à l’avenir, il y aura de grandes pharmacies et d’autres plus petites, de proximité comme la nôtre, capables de fournir rapidement des soins cosmétiques spécifiques.»

En attendant, ce couple de pharmaciens va transformer son officine. Deux étudiantes du Strate College de Sèvres participant au concours Reload my Pharmacy, organisé par L’Oréal Cosmétique active, ont dessiné une pharmacie intime, chaleureuse, à partir des réflexions des titulaires. L’implantation d’espaces dédiés au conseil et à la pédagogie santé ainsi que le passage de l’OTC en libre accès sur des superficies de 60 m² en moyenne obligent les blouses blanches à sélectionner leur offre et à évoluer plus vite que prévu.

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