Marque : kéraskin Esthetics, par et pour les pros

L’Oréal, qui veut s’imposer sur la beauté professionnelle, met en avant sa jeune marque d’esthétique en lui offrant la «molécule belle peau» de sa recherche avancée, la LR2412.

«La beauté de demain sera professionnelle, prédit Laurent Dubois, DG France de la division produits professionnels (DPP) de L’Oréal. Nous avons la volonté de proposer des services qui ne peuvent être concurrencés par d’autres circuits grâce à des innovations spécifiques.» Forte de son positionnement sur le marché de la coiffure avec sept marques (Kérastase, Shu Uemura, L’Oréal Professionnel, Redken, Mizani, Pureology et Matrix) et une part de marché mondiale estimée à 28% pour un chiffre d’affaires 2011 de 2,81 milliards d’euros, la division affiche désormais ses ambitions sur la beauté au sens large. Pour capter cette partie du marché qui lui échappe, elle lance les vernis à ongles Essie sur le circuit professionnel, très porteur, et monte en puissance avec sa jeune marque de cosmétiques en instituts, Kéraskin Esthetics. «Nous sommes à un tournant dans son développement et nous souhaitons devenir un acteur majeur sur le segment», insiste Philip Clough, DG international marques L’Oréal DPP.

300 portes dans 10 pays

Lancée il y a trois ans, la marque est aujourd’hui présente dans 300 thalasso, spas et instituts dans dix pays. En France, elle compte une cinquantaine d’adresses et se développe dans un environnement où Guinot, Carita, Payot et Esthederm sont bien installées. «L’objectif est de doubler le nombre de portes d’ici à fin 2012», souligne Julien Weill, DG France de Kéraskin Esthetics. Pour cela, les lieux hybrides où se rencontrent la médecine, la chirurgie et l’esthétique seront privilégiés. «Nos meilleurs points de vente sont de véritables cliniques dédiées à l’esthétique, décrit Julien Moignard, DG international soin de la peau au sein de la DPP. Nous observons un réel décloisonnement de ces différentes activités.»

Cette année, la marque revient avec un lancement d’envergure sur les sérums. Selon L’Oréal, 20% des commandes des esthéticiennes en termes de produits sont des sérums. «Pour véhiculer les actifs, il faut la formule la plus aqueuse possible car l’eau imprègne plus vite la peau», explique Patricia Pineau, directrice de la communication scientifique. Kéra-skin Esthetics lance donc le Serum Blending, une gamme de six références à mélanger, soit 462 combinaisons possibles. Ce lancement est accompagné d’un outil de diagnostic de peau, le CSI (Cell score identity). «Il a la taille d’un smartphone et la précision d’un microscope, se félicite Julien Moignard. Il mesure sept paramètres pour une posologie de soin unique.» Cet outil aidera l’esthéticienne à composer le cocktail sur mesure utilisé pendant le protocole, puis à recommander deux références à la cliente pour prolonger son soin cabine. Trois des six – Sérum 3C, Blanc-Morphose et Immuniste – sont déjà au catalogue et, en avril, Derma-Morphose, enrichi en LR 2412, l’actif star de Visionnaire de Lancôme, arrivera sur le marché. À la différence de la marque sélective, qui a opté pour une formule courte, Kéraskin Esthetics l’a associé à de la vitamine B3 contre les taches, de la LHA qui nettoie les cellules en surface et de l’acide hyaluronique pour l’hydratation. Deux autres références sont prévues d’ici à septembre. Aujourd’hui, la revente des produits représente 70% du chiffre d’affaires contre 30% pour les soins en cabine. Dans un second temps, L’Oréal prévoit de décliner le «blending» à domicile.

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