Carte blanche : sidonie Lancesseur

Un stage d’été à Grasse chez Robertet a décidé de son avenir. Après l’Isipca, c’est au sein de cette même maison de composition qu’elle commence sa carrière. Elle y est parfumeur depuis 2006.

Les sources qui l’inspirent

«La nature reste ma pre-mière source d’inspiration, parce qu’elle s’inscrit dans les souvenirs olfactifs liés à mon enfance : le feu de cheminée, les bottes de foin, les sous-bois en automne… Mon travail se nourrit de tout ce qui m’entoure : un verre de vin, l’effluve d’un cigare ou même l’ambiance d’un livre. Ce sont aussi les rencontres avec les différentes personnes avec qui je travaille, leur approche et leur sensibilité, nos échanges, qui me guident au quotidien.»

Les hommes (et les femmes) qui ont compté

«Mes parents, qui m’ont inculqué des valeurs essentielles au métier de parfumeur : la persévérance, l’écoute et l’ouverture d’esprit. Ma mère, styliste, m’a sensibilisée à l’univers de la création. Et aujourd’hui, Michel Almairac (photo), que j’ai la chance de côtoyer et qui, à travers son immense talent et son approche de la parfumerie, m’a transmis le goût des formules courtes où chaque matière première compte. Cette vision du métier correspond à mon caractère : analyser en essayant de toujours aller à l’essentiel.»

Les matières qui l’ont marquée

«J’ai tout de suite été attirée par les matières que je qualifierais de sombres, comme le patchouli (ci-dessous, à gauche) – que l’on retrouve dans Straight to Heaven de By Kilian -, le vétiver et le papyrus (à droite) ou par des notes plus ambrées, animales, comme le labdanum. J’aime leur côté brut, racé, intéressant à amadouer tout en conservant leur caractère. Grâce à Robertet, je peux travailler avec les matières premières naturelles les plus nobles. Je suis de plus en plus séduite par les accords floraux et leur grande délicatesse. J’ai d’ailleurs participé à la cueillette de la rose centifolia de Grasse et cette expérience au plus près de la matière a été une réelle source d’inspiration.»

Les parfums qu’elle porte

«J’aime porter les fragrances sur lesquelles je travaille afin de mieux les appréhender et suivre leur évolution ; à chaque fois, il s’agit d’une nouvelle histoire. Sinon, je suis plutôt attirée par les parfums masculins (M7 d’Yves Saint Laurent ou Habit Rouge de Guerlain), ou les colognes type l’Eau d’Hadrien d’Annick Goutal. Mais il m’arrive aussi de ne rien porter afin de mieux saisir toutes les odeurs qui m’environnent.»

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