Réglementation : des prestations anticellulite interdites

Plus de 80% des appareils vendus utilisent les technologies ultrasons focalisés, lasers, infrarouge, radiofréquence, visées par le décret.

« Nous sommes atterrés ! Le décret du ministère de la Santé interdisant les techni- ques ultrasons focalisés, lasers, infrarouge, radiofréquence dans le traitement de la cellulite depuis le 11 avril dernier est un désastre économique. 47% de l’activité des centres de beauté repose sur ces actes », déclare Régine Ferrère, présidente de la Cnep. La Confédération nationale de l’esthétique-parfumerie a lancé une pétition, pourrait déposer un référé suspensif et un recours auprès du Conseil d’État pour abrogation (à l’heure où nous mettons sous presse, les demandes de référé et de recours n’avaient pas été déposées). En attendant, elle conseille aux instituts de retirer de leur carte les soins anticellulite réalisés via les technologies sous-entendues par le texte.

« Le terme de l’article 2 est tellement vague qu’il pourrait aussi englober le palper-rouler », ajoute Régine Ferrère. Pour Didier Tournon, directeur du réseau Esthetic Center, « si cette hypothèse se confirme, nous allons devoir supprimer nos programmes minceur, qui représentent 20% à 25% de notre business ». Pour Physiomins, dont l’activité se concentre presque entièrement sur la minceur, l’alternative n’est pas évidente. Son PDG, Jean-Pierre Lavigne, préfère rester confiant : « Nous allons poursuivre notre activité. Nos fournisseurs de machines nous ont confirmé qu’elles n’entrent pas dans le cadre du décret car elles ne détruisent pas les cellules graisseuses ».

« Un vide juridique existait »

Le texte, adopté très rapidement à la suite de plaintes de patients et d’accidents lors d’injections de solutions anticellulite par les médecins, a été étendu à toutes les techniques utilisant des agents physiques externes, malgré l’avis de la Haute Autorité de la santé ne constatant « aucune complication grave rapportée à la suite de séances d’application d’agents physiques externes, radiofréquence, ultrasons focalisés et lasers ».

« C’est injuste et brutal pour les esthéticiennes, reconnaît le Dr Philippe Blanchemaison, médecin vasculaire. Le mieux à faire pour les fabricants de machines est de prouver à la Haute Autorité de la santé – études scientifiques et publications médicales à l’appui -, que leurs appareils n’atteignent pas directement les cellules graisseuses, pour que celle-ci amende le décret. Sur d’autres points, ce texte est fondé. Il y a quand même eu des incidents de la part de médecins. Par ailleurs, des fabricants de machines ont avancé des allégations exagérées. Un vide juridique existait : n’importe qui pouvait sortir n’importe quoi. J’ai recensé 96 appareils amincissants en France. »

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