Recrutement : bataille serrée autour des jeunes diplômés

L’Oréal Sales Academy, université commerciale, a déjà formé 2 000 personnes dans le monde.

L’industrie de la beauté doit déployer tous ses charmes pour séduire les futurs talents en marketing mais aussi en commerce.

Clarins sera présent dès ce mois-ci sur jobteaser.com. Ce site, destiné aux étudiants et jeunes diplômés, diffuse des vidéos sur des métiers et des entreprises. « Tous les six mois, nous avons une quarantaine de stages à pourvoir, principalement en marketing, indique Sébastien Biessy, directeur du développement RH de la marque. Les stages sont quasi obligatoires avant une embauche. Ils permettent d’évaluer les compétences, le comportement de l’étudiant dans l’entreprise. Sur les 80 stagiaires de 2010, 15% ont signé un CDD ou un CDI. »

La concurrence est vive

Partenaire d’une dizaine d’écoles (HEC, Essec…), le groupe Clarins organise des matinées de recrutement, durant lesquelles une quinzaine d’étudiants se prêtent à des exercices d’improvisation (comme réaliser un flash d’information radio). Ils sont évalués selon différents critères : capacité d’initiative, de management, de travail en équipe, etc. « Il n’est pas trop difficile d’attirer des étudiants, surtout les futurs marketers, dans le secteur glamour et créatif de la beauté, constate Sébastien Biessy. En revanche, la concurrence de géants comme LVMH ou L’Oréal est très vive. Nous mettons en avant l’esprit familial du groupe. Cette génération de jeunes dite Y, voire la suivante Z, recherche un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Par ailleurs, nous allons élargir notre offre de stages à l’international. Nous en comptons pour l’instant trois à New York, deux à Singapour et un à Madrid. Nous voulons aussi développer les VIE, au nombre de quatre aujourd’hui, avec UBI France (1). »

Les postes marketing sont le plus souvent proposés par les multi-nationales. « Pendant longtemps, nous avons mis l’accent sur le recrutement et la formation des marketers, déclare Éric Mellet, directeur du développement et de la formation commerciale de L’Oréal Produits professionnels, mais la crise économique nous a fait prendre conscience de la nécessité de recruter des talents et de revaloriser la fonction commerciale. » D’où la création, il y a deux ans, de L’Oréal Sales Academy, une université commerciale. Les nouvelles recrues, issues des écoles ou de candidatures spontanées, suivent un parcours d’un an et demi en moyenne, principalement réalisé sur le terrain, coachées par un cadre commercial.

« L’objectif est de rendre ces futurs commerciaux opérationnels rapidement, afin qu’ils se rendent vite compte de la réalité du métier et de leur aptitude à l’exercer, explique Éric Mellet. Cette première année est cruciale car il y a un gros risque de turnover. Et une fois que nos clients, les coiffeurs, ont établi un rapport de confiance avec nos commerciaux, cela peut avoir des conséquences négatives. Nous avons donc mis en place une logique d’intégration des commerciaux dans le groupe pour les fidéliser. Pendant des années, nous avons eu des taux de turnover en moyenne de 20 à 25% par an. Nous sommes aujourd’hui entre 15 et 17%. »

Le rôle de L’Oréal Sales Academy ne se limite pas au recrutement et à la formation. En début d’année, elle a mis en place, avec Advancia-Negocia (écoles de la CCI de Paris), un observatoire de la fonction commerciale (analyse des spécificités et évolution du métier, conditions de transfert des compétences…) : International Research College for Sales Management. Pour Éric Mellet, « l’idée n’est pas d’avoir des comportements standard mais de mettre à jour des standards de comportement ».

(1) Le volontariat international en entreprises (VIE) permet aux entreprises françaises de confier à un jeune, de 28 ans au plus, une mission professionnelle à l’étranger durant une période modulable de 6 à 24 mois, renouvelable une fois dans cette limite.

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