Maquillage : aU PLUS PRÈS DU PH DE LA PEAU

En plus de son côté «sur mesure», le Blush Magique développé par Farevacolor séduit par son confort et sa transparence.

Les blush et les rouges à lèvres qui révèlent leur couleur au contact de la peau se multiplient. Affaire de magie ? Non, mais une réaction chimique de mieux en mieux maîtrisée.

Le maquillage peut revendiquer un véritable pouvoir de transformation. Récemment, de nombreux lancements sur le segment des lèvres et sur celui des pommettes ont proposé aux clientes une teinte sur mesure, dévoilée lors de l’application en réaction avec le pH de la peau : baume Hydra Sparkling chez Givenchy, Rose Universel de L’Oréal Paris ou encore Gloss Rose Exclusif lancé par Bourjois. Une tendance venue tout droit du nude, avec « une couleur juste rehaussée », estime Sylvie Guichard, attachée aux métiers cosmétiques pour L’Oréal. Un maquillage ludique, mais complexe à mettre en oeuvre. Il ne s’agit pas de fards classiques : « À la différence des produits traditionnels, la couleur n’est pas apportée par un pigment, mais par un colorant sous forme acide », explique Jean-Michel Le Pape, directeur de la R&D de Farevacolor, qui a présenté un Blush Magique reposant sur cette technologie lors du dernier Cosmoprof. Ces produits sont censés se modifier en fonction du pH de la peau, créant une nuance unique pour chaque utilisatrice, même si la réalité est un peu différente. « Le colorant va agir essentiellement au contact de l’eau, révélant alors sa couleur, précise-t-il. Le pH pourra ensuite jouer sur son intensité, variable d’une personne à l’autre. Pour l’instant, peu de fabricants commercialisent ces matières premières. »

Une formulation complexe

Ce colorant est en outre plus compliqué à formuler et sa sensibilité à l’eau impose une galénique anhydre. « Cette contrainte nous limite en amont, lors de la formulation. Nous ne pouvons pas l’intégrer dans une émulsion classique, par exemple, poursuit Jean-Michel Le Pape. Nous devons utiliser des solvants, des gélifiants et des texturants sans polarité, car les liaisons et groupements polaires que l’on retrouve entre autres dans l’eau vont être responsables de la solubilisation du colorant et de la révélation de la couleur. » Un screening des matières premières a permis d’obtenir la galénique sensorielle et la texture incolore du Blush Magique, dont la teinte rosée ne se révèle qu’à l’application. « Comme il est généralement très difficile d’effectuer la transposition industrielle de ce type de produits sans qu’ils se colorent, la plupart des produits existants sont déjà teintés », explique-t-il.

Chez L’Oréal Paris, le premier essai en la matière est le Rose à lèvres Universel. Il se distingue de ses congénères par un raisin transparent rosé. « Le challenge a consisté à mettre au point une texture adaptée, raconte Sylvie Guichard. Nous avons conçu un produit sans cire, à l’inverse d’un rouge à lèvres traditionnel, et nous avons réussi à le formuler grâce à l’association de deux gélifiants. » Le résultat présente un bâton solide, mais laissant passer la lumière, et pourvu de qualités cosmétiques. « Nous avons pu introduire une huile pour apporter du confort et des polymères pour un effet crémeux, précise-t-elle. Traité comme un rouge à lèvres classique, il offre tout autant de confort et de glissant. »

Mais il reste un obstacle de taille. Si ce colorant utilisé seul se prête particulièrement aux galéniques des lèvres et des pommettes, « nous sommes aujourd’hui limités au rose, sans pouvoir aller plus loin dans la palette », déplore Sylvie Guichard. Un prochain challenge pour les formulateurs.

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