Manager de l’année : … et Philip Shearer

Depuis maintenant trois ans à la tête du groupe Clarins, le président du directoire a lancé un vaste chantier de modernisation de la marque de soin leader en parfumerie sélective. Une priorité pour ce spécialiste international de la beauté.

« Pari gagné, se désole un concurrent. En modernisant la marque, Clarins s’affirme plus que jamais comme leader. » Un distributeur d’enchaîner : « C’est un très beau travail de modernisation de marque ». En homogénéisant le packaging, en augmentant les budgets publicitaires tout en les concentrant sur les lancements les plus importants et en investissant sur le web sans remettre en cause la largeur de l’offre, Philip Shearer a imprimé son empreinte. « J’ai une détermination très forte à faire de Clarins une marque globale à l’échelle mondiale », martèle-t-il.

En arrivant il y a trois ans – à 55 ans – à la tête du groupe Clarins comme président du directoire, alors que le groupe se retirait de la Bourse, Philip Shearer est, avec Serge Rosinoer, le second manager n’appartenant pas à la famille Courtin à occuper ce poste. Il y apporte sa grande expérience de la beauté, puisqu’il a fait toute sa carrière dans des sociétés de cosmétiques, et son savoir-faire américain, un atout pour accélérer l’internationalisation du groupe familial. Coureur de fond, il aime la stratégie et ne manque pas de franc-parler. C’est ainsi qu’il a coutume de dire : « C’est sur le terrain qu’on rencontre les consommatrices, pas dans les bureaux ».

Travailler sur le terrain

Américain d’adoption, Philip Shearer est né au Maroc, d’un père britannique et d’une mère française. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d’un MBA, il a débuté sa carrière chez Eli Lilly, groupe pharmaceutique que possède alors Elizabeth Arden. Au sein de ce groupe, il travaille en France et aux États-Unis, et prend ensuite la direction de la filiale mexicaine. C’est dans ce dernier pays qu’il apprend à travailler sur le terrain, dit-il. Suite au rachat d’Elizabeth Arden par Fabergé, il intègre le groupe L’Oréal, d’abord à Londres où il devient directeur général de Lancôme, puis au Japon, de 1992 à 1994, où il crée la division Produits de luxe, avant de revenir aux États-Unis.

Il y occupe la fonction de directeur général de Lancôme USA et y crée aussi la division Produits de luxe. C’est à cette période que Philip Shearer impose avec succès Acqua Di Gio pour homme de Giorgio Armani sur ce marché, contribuant à en faire un numéro un mondial. À son actif également, le rachat des marques Kiehl’s (en 2000) et Biomédic. Mais, pour rester aux États-Unis, il quitte L’Oréal pour intégrer le groupe américain Estée Lauder, où il se voit confier l’activité internationale, juste quelques jours avant le 11 septembre 2001… Ce qui ne l’empêchera pas d’ouvrir les marchés chinois et mexicain. En septembre 2002, il est nommé Group President, responsable des marques Clinique et Origins, et des activités online (dont à l’époque Gloss.com, un site de vente en partenariat avec, entre autres, Chanel et… Clarins). Trois ans plus tard, Philip Shearer élargit ses compétences aux capillaires en prenant en main la destinée d’Aveda et Bumble & Bumble puis, en 2007, d’Ojon (produits capillaires naturels et équitables). De retour en France, il intègre Clarins, et entend « mettre au service du groupe non seulement mes connaissances des attentes des consommatrices du monde entier, mais aussi mon expertise des différents segments de la parfumerie et des canaux de distribution ».

Parallèlement, depuis 2006, il siège au conseil d’administration du groupe de spiritueux Bacardi, autre maison familiale, dont il dit aujourd’hui que « leur travail de construction de marque est finalement assez proche du nôtre ». Toujours ce souci de la marque et de sa pérennité.

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