L’Oréal Cosmétique active : « La croissance passe par l’international

Brigitte Liberman, directrice générale de la Cosmétique active.

Après la reprise de 2010, Brigitte Liberman, directrice générale de la Cosmétique active, fait le point. Aux côtés de Vichy et La Roche-Posay, pionniers de la dermocosmétique, la progression se fait avec le développement du portefeuille de marques proposé aux pharmaciens et la conquête du monde par une division longtemps européenne.

Comment le dernier exercice s’est-il conclu ?

B. L. : En 2010, nous avons renoué avec la croissance : +4,7% pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros. Nous sommes le leader de la dermocosmétique et Vichy la marque numéro un dans le monde. Notre progression passe par notre internationalisation, l’ouverture de nouvelles portes et nos « jeunes » marques : Roger & Gallet que nous avons intégrée dans la division au 1er janvier, Innéov, SkinCeuticals et Sanoflore ont représenté 20% de notre croissance. Ce portefeuille est notre force car nous offrons aux pharmaciens la palette la plus vaste.

Où en est l’intégration de ces quatre marques ?

B. L. : Nous avons lancé Roger & Gallet en Europe et ouvert 2 500 pharmacies l’an dernier. Les ventes de parfum y sont plus importantes qu’en France. En fin d’année, ce fut le tour du Brésil, un grand marché de volume. Les premiers échos y sont positifs. Roger & Gallet représente un vrai business additionnel pour le pharmacien et une marque de bien-être adaptée à son époque, une autre approche de la toilette et du soin du corps. C’est une intégration réussie.

SkinCeuticals est l’une des marques les plus premium de la pharmacie et l’une des plus techniques, avec une concentration d’actifs très élevée et des performances anti-âge exceptionnelles. Elle est complémentaire de la médecine esthétique. Ainsi, sur les 4 000 portes américaines, la moitié sont des points de vente médicaux et des médispas. Sur le marché français, la distribution est très sélective (250 portes). Dans les pharmacies où nous sommes implantés, elle demande beaucoup de formation. On trouve aussi SkinCeuticals dans des spas premium comme le Marriott Vendôme, à Paris, ou la thalasso de Quiberon. En dehors des États-Unis, ses ventes ont progressé de 40% en 2010.

Où en sont Sanoflore et Innéov ?

B. L. : Vrai courant de consommation, le bio occupe une place légitime en pharmacie : la plante est le point de départ de l’apothicaire. à l’exception de Naturalia, nous avons donc choisi ce circuit pour commercialiser Sanoflore. C’est le plus structuré et le mieux adapté au conseil. Nous travaillons en direct avec 2 000 pharmacies et parapharmacies en France. Par ailleurs, nous avions un défi à relever, apporter au bio le même niveau de sensorialité qu’aux produits traditionnels. Après deux ans de travail, je pense que nous y sommes parvenus – c’est l’apport du savoir-faire du groupe – avec des produits gourmands comme Miel Nourricier.

Innéov se situe sur un tout autre territoire. Nous commençons en France la visite médicale avec nos deux produits phares, Masse Capillaire et Sensibilité Solaire. Mais le marché français des compléments alimentaires est spécifique car l’amincissant y est à la fois le segment le plus important et celui qui a beaucoup souffert. Par ailleurs, ce marché très bataillé va être régularisé par la nouvelle réglementation européenne. Enfin, notre vrai levier de croissance est à l’international. Nous sommes arrivés récemment en Amérique latine, notamment au Brésil où nous rencontrons un grand succès grâce à la visite médicale. En Asie, premier marché pour ce type de produit, nous nous implanterons en Chine fin 2011, un projet qui nous a demandé trois ans de travail. Le poids de la nutricosmétique y est équivalent à celui de toute l’Europe.

Face à ces nouveaux modèles, que pèsent vos marques historiques ?

B. L. : Vichy, qui fête ses 80 ans cette année, a inventé la dermocosmétique et exporte ce concept français dans le monde. Nous avons été les pionniers de la beauté en pharmacie dans beaucoup de pays, dont la Chine (2 000 portes) et la Russie, en y apportant nos innovations, notre connaissance consommateurs, nos programmes de formation pour les équipes officinales. Numéro un mondial de ce circuit, Vichy représente près de la moitié du chiffre d’affaires de la division. Elle propose une gamme large et familiale, qui bénéficie d’avancées scientifiques comme le lancement en cours de Liftactiv Derme Source. Ce soin cible le derme papillaire (appelé Derme Source par Vichy), véritable « chef d’orchestre » de la régénération de la peau, pour relancer son activité grâce au rhamnose, sucre végétal 100% naturel, concentré à 5%. Une première dans la lutte anti-âge et une exclusivité des Laboratoires Vichy. Si l’on prend par ailleurs nos nouvelles huiles solaires SPF 20 et 40, pour toutes les peaux, même sensibles, et leur confort d’utilisation, on voit le travail effectué sur des terrains aussi différents que l’anti-âge ou la sensorialité.

En 2010, La Roche-Posay a gagné 9 000 portes dans le monde et réalisé une croissance à deux chiffres. C’est une marque éthique, qui trouve sa résonance aussi bien dans la visite médicale que le conseil du pharmacien. Anthelios, sa gamme phare, est prescrite dans le monde entier. Nous sommes présents sur le segment de l’eczéma et de l’atopie avec Lipikar. Tolériane Ultra, prouesse technologique tant sur le plan de la formulation que du packaging, est destiné aux peaux ultra-sensibles ou allergiques, une des clés d’entrée pour la pharmacie.

Ces problèmes de peau sont-ils un des axes de développement ?

B. L. : L’OMS prévoit que la moitié des Occidentaux auront une allergie qui, dans 70% des cas, aura une répercussion cutanée. Les comportements (alimentation, hygiène de vie…) favorisent ce phénomène. Enfin, la dermocosmétique a de l’avenir, qu’il s’agisse de l’acné, de l’accompagnement de certaines maladies ou du vieillissement de la population. C’est une opportunité pour nous et pour la pharmacie, qui est à la fois une caution, un repère et un symbole d’accessibilité. La consommation de santé positive s’étend à la beauté et le pharmacien a toutes les cartes en main. à nous de l’aider en créant une expérience unique avec le consommateur autour du diagnostic de peau personnalisé, des bars à textures, des journées d’animation avec des experts de la santé, pharmaciens, dermatologues, nutritionnistes… du conseil, des actions pédagogiques sur la santé et la beauté.

Facebook
Twitter