In-Cosmetics 2011 : le vert fait recette

En trois jours, 6 850 visiteurs ont foulé le tapis rose d’In-Cosmetics, à la rencontre des 560 exposants.

Naturalité et optimisme pour cette édition du salon, qui s’est tenue à Milan fin mars. Les fournisseurs d’ingrédients ont surtout proposé des innovations vertes.

L’édition 2011 d’In-Cosmetics s’est achevée sur un constat positif, après une édition parisienne sur fond de sortie de crise l’an dernier. « La dynamique est relancée, affirme François Laserson, président de la société éponyme, distributeur de matières premières. Nos clients nous demandent à nouveau des innovations, ils sont intéressés par tous nos fournisseurs, même les plus petits. » Une entrevue milanaise réussie, donc, pour les acteurs présents, bien qu’elle se soit déroulée les trois derniers jours de mars, quelques semaines seulement après le tsunami japonais. Les matières premières provenant de cette zone ont soulevé des inquiétudes, tant pour leur approvisionnement que pour le risque d’irradiation. Une situation qui a renforcé la tendance écolo-bio du secteur.

« Le greenwashing s’essouffle par rapport aux autres années, constate Nicolas Pajot, directeur général des laboratoires Prod’hyg. On a vu moins de murs végétaux ou autres ornements censés rappeler la naturalité. » La vague verte qui a éclaboussé le salon s’est faite plus concrète et diversifiée selon les exposants. De nombreux ingrédients mettaient en avant leur certification ou leur intégration dans des formules certifiées. Ainsi l’italien Lamberti a remis en avant l’Eucarol AGE, un tensioactif anionique d’origine 100% naturelle. « Nous le proposons comme un substitut aux surfactants primaires, mais aussi pour certains solubilisants, explique Laurent Dadolle, responsable commercial France. Il est approuvé par Ecocert, NaTrue, Nature et Progrès, ainsi que Cosmos-standard. »

Le salon a permis aux fournisseurs de communiquer autour de ce nouveau label européen pour cosmétiques bio, lancé en février dernier. Comme Fruitofood, une entreprise française qui propose ses eaux cellulaires de fruit Onativ’. En faisant la promotion du dernier- né de sa gamme, l’Onativ’ Tomate Bio, son président Gérard Canal a annoncé que ses produits « sont 100% Cosmos, conditionnés en milieu propre, avec ou sans conservateur ». Ces eaux sont positionnées comme des excipients « permettant aux industriels d’augmenter le pourcentage d’ingrédients bio dans leur produit ».

Certains participants ont misé sur le développement durable, thème de l’In-Focus – espace où diverses sociétés peuvent s’exprimer sur un même sujet. Le brésilien Beraca, partenaire principal de l’exposition, a pu toucher le public en présentant sous un autre angle ses pratiques d’approvisionnement en açaï. « Nous avons eu l’opportunité de réaffirmer notre engagement social et environnemental », se félicite l’entreprise. L’autre tendance forte reste l’anti-âge, qui a suscité de nombreux lancements, en particulier de produits éclaircissants, dont la demande « ne se limite plus au seul marché asiatique », confirme Sandra Meister, marketing et sales coordinator de Mibelle Biochemistry. Accompagné d’un discours sur les cellules souches qui s’intensifie : Mibelle affirme agir sur celles du derme avec PhytoCellTec Argan, Silab protège celles des kératinocytes avec Stem-C-Guard.

Enfin, les fournisseurs n’hésitent plus à mettre en scène leurs ingrédients. Sur l’In-Focus, Solabia a présenté son programme de développement durable autour des « plantes ressources » et de l’araucaria, un arbre du Brésil, avec une Resource Cream. Il s’agit d’une crème exfoliante développée par Labosphère. « Les fournisseurs passent de plus en plus souvent par des laboratoires de formulation externes plutôt que par leur propre service d’application, confirme Corinne Rodriguez, directeur technique du formulateur. Nous donnons une dimension industrielle à leurs concepts. »

Facebook
Twitter