Cosmoprof 2011 : une édition mi-figue, mi-raisin

Faible affluence dans les halls dédiés aux fournisseurs, en dépit d’une grande qualité de présentation des exposants : propositions de full service, souplesse des standards et applicateurs plus techniques étaient au rendez-vous de Bologne.

« Les grandes marques n’ont pas fait le déplacement », « Les allées sont vides… » sont les remarques que l’on pouvait entendre au détour des stands de Cosmopack, espace dédié aux formulateurs et fournisseurs d’emballages de Cosmoprof, salon italien où exposent tous les acteurs de la beauté (marques de soin, de parfums, de niche, d’institut, de spa ou encore ongleries). Organisée du 18 au 21 mars, avec un mois d’avance par rapport aux années précédentes, l’édition 2011 ne tiendra pas ses promesses en termes de prospects et la hausse du nombre global de visiteurs annoncée par l’organisateur Sogecos (voir chiffres page suivante) n’est sans doute pas imputable aux visites sur Cosmopack. En cause, les dates d’ouverture, plus que jamais décisives à l’heure de la multiplication des salons professionnels. L’espace en question ouvrait auparavant le jeudi, soit un jour avant les autres pavillons, pour permettre aux professionnels des marques de profiter de ces exposants sans empiéter sur leur week-end. Cette année, parfaitement calé sur Cosmoprof, Cosmopack a déçu. Pourtant, les exposants – en augmentation sur les halls 19 et 20 – ont été à la hauteur en termes de présentations : innovations, standards de qualité, nouvelles customisations et, surtout, retour de certains noms qui avaient déserté le salon l’an dernier, comme Albéa (ex-Alcan). « Ce salon est très complémentaire du Luxe Pack Monaco, décrit Marjorie Vincenti, chargée de communication corporate chez Albéa. À Bologne, nous avons eu la visite de petites marques françaises mais aussi de clients du mass-market ou en provenance d’Europe de l’Est. »

La reprise est palpable et la crise semble avoir assaini le marché. Petit bémol, la hausse du prix des matières premières inquiète un peu car les parfums et cosmétiques sont très gourmands en matériaux qui deviennent hors de prix. Les dérivés pétrochimiques ont été les premiers touchés mais les autres ingrédients, comme les métaux, et notamment l’aluminium, suivent. « L’augmentation du coût des dérivés de pétrole est de notoriété publique, elle est comprise par nos clients », explique Bruno Diépois, président de Coverpla. Sur les autres matériaux, la pilule est plus difficile à avaler. « La pénurie d’aluminium fait croître son prix. Si cette augmentation n’a pas été répercutée en 2010, elle devrait l’être sur les projets à venir », estime Alessandra de Giorgio chez Inca Packaging.

Dans la vie courante des affaires, il ressort clairement des entretiens avec les fournisseurs que les délais sont de plus en plus courts mais que le restockage et la reprise du marché de la beauté sont encourageants. Héritage de la crise, ils mettent un point d’honneur à faciliter la relation client. Ils sont nombreux à avoir développé des outils pédagogiques et futés qui simplifient l’accès aux produits de leur catalogue (lire encadré page précédente).

Le nouveau statut des standards

Le salon de Bologne est aussi l’occasion de confirmer les tendances dessinées fin 2010 au Luxe Pack Monaco. Le full service est toujours d’actualité. Il permet aux groupes de mettre en avant leurs savoir-faire sans pour autant apporter une vraie nouveauté. Ainsi, l’allemand Geka, spécialiste des brosses et applicateurs, a mis en scène ses best- sellers dans un coffret découverte, en s’associant à Ancoretti pour la formule. Les fournisseurs dévoilent surtout leurs nouveaux standards. Si, pendant longtemps, leur attrait était purement une question d’économie de coût, ils offrent, en cette période de sortie de crise, un nouvel avantage. Les marques ont réduit leurs délais de commande mais, pour un spécifique, le temps de développement est relativement incompressible. C’est pourquoi, de plus en plus, les grandes marques du sélectif, comme Guerlain, ont recours aux standards. Les fournisseurs les produisent à l’avance et les stockent pour une plus grande disponibilité en cas de lancement urgent. Le fournisseur niçois Coverpla, par exemple, présentait sa gamme de standards Laura, une ligne complète – flacons, pots, etc. – qui permet de travailler très rapidement à partir de 1 000 pièces. Autre nouveauté, la deuxième génération d’applicateurs de soin, dont les embouts malins ont envahi les segments du contour des yeux ou du soin des lèvres, puis progressivement les soins du corps. Aujourd’hui, leur ergonomie, davantage travaillée, ne nécessite plus de parfaire l’application à la main (lire p. 55 et 56).

Du pack à la formule

Sur l’espace dédié aux fournisseurs de la beauté, les formulateurs sont de plus en plus nombreux à exposer. Ils se caractérisent d’ailleurs par des stands particulièrement grands et haut de gamme. Pour faire vivre leurs formules, ils proposent des collections saisonnières qui reprennent les tendances. Pour exemple, Alkos présentait trois looks complets de maquillage : une nouvelle version de sa ligne estivale Aloha, Summer Vibe autour du rose et du bleu vifs et enfin Fruits’Délices, cinq crayons gloss aux parfums du verger. Toujours pour l’été, l’allemand Faber-Castell a imaginé une ombre à paupières feutre sur laquelle on applique une protection solaire SPF 25. Les métiers de la formulation et de l’emballage sont très complémentaires ; les salons professionnels sont l’occasion pour eux de prospecter, par exemple, pour le full service.

DES OUTILS POUR AIDER LES MARQUES À CHOISIR

Un diamètre d’avance pour Geka

Le spécialiste des applicateurs a développé un outil pour ses mascaras, appelé Choose2WIPE. Une fois la brosse choisie, un boîtier permet de comparer les différents diamètres d’essoreurs proposés par Geka en fonction de l’effet escompté : volume, définition ou précision.

Aptar plus transparent

Pour le lancement d’Irresistible, système de distribution d’une parfaite étanchéité qui ne laisse passer aucune bactérie, la division beauty+home du groupe a mis à disposition de ses clients et des visiteurs venus sur son stand, le « White Paper », une publication scientifique qui lui est relative. Cette publication comporte également une batterie de résultats de tests et des informations spécifiques à destination des spécialistes de la formulation. La documentation a été mise en place dans une démarche très pharmaceutique et une partie de ces éléments est disponible en ligne sur le site internet du groupe.

Un iPhone géant pour Coverpla

Le fabricant, qui élargit constamment sa gamme de standards, a développé un outil interactif sous forme de catalogue digital pour les visiteurs présents au salon. En plus de donner des informations institutionnelles, l' »iPhone » géant permet de créer un flacon de parfum ou un pot de crème en choisissant chacune des pièces : capot, frette, flacon, couleurs, etc. Grâce à une imprimante reliée à l’appareil, le client peut repartir avec son projet. Coverpla va perfectionner cet utilitaire pour permettre la comparaison de plusieurs flacons et rendre cette plate-forme de plus en plus complète.

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