Produits solaires : le casse-tête des filtres

Le laboratoire du groupe L’Oréal dédié à la recherche sur les produits solaires.

Protéger la peau contre les ultraviolets mais aussi prévenir les signes de l’âge… tout en rassurant les consommateurs quant à leur innocuité, l’équation en matière de filtres solaires est complexe.

« Les attentes en matière de solaires sont de plus en plus associées à une recherche d’efficacité anti-âge », explique Alain Saintrond, PDG du fournisseur d’ingrédients Créations Couleurs. Les ultraviolets résultant de l’activité solaire ont des effets désormais bien connus. Nécessaires et bénéfiques pour la synthèse de la vitamine D ou l’activation du processus du bronzage, ils peuvent aussi endommager gravement la peau. Les produits solaires sont donc plus que jamais liés à une préoccupation de santé. Mais si leur fonction première est bien d’empêcher la peau de brûler, leur rôle a évolué et rejoint aujourd’hui la lutte contre le photovieillissement. De quoi donner du travail supplémentaire aux formulateurs, alors même que « les produits cosmétiques sont régis par un aspect législatif très complexe », ajoute Alain Saintrond.

Conserver confort et plaisir

Mais ce qui préoccupe le plus les marques aujourd’hui reste le débat sur les nanotechnologies, qui continue de faire rage. Le Colipa, fédération européenne des industries cosmétiques, stipule pourtant qu’il « n’existe pas de risque établi pour les nanotechnologies, la taille seule des particules n’étant pas un indicateur de toxicité ». C’est ainsi que Croda a récemment mis sur le marché une nouvelle gamme, Solaveil SpeXtra, une dispersion de dioxyde de titane dont le processus de fabrication a été optimisé, afin de réduire la distribution de la taille des particules. « Les plus petites, aux effets négligeables, ont été éliminées, ainsi que les plus grosses, responsables de traces blanches sur la peau », explique Céline Cohecha, responsable support technique cosmétique chez Croda.

« Il faut aller vers des solaires qui rassurent le consommateur », insiste Alain Saintrond. Ce qui, avec le confort de la galénique, a toujours constitué une demande des utilisateurs. Le produit solaire reste un cosmétique, il doit être associé aux notions de confort et de plaisir. En ce sens, l’amélioration est toujours possible. L’Oréal a ainsi commercialisé en 2010 une synergie de filtres permettant « de réduire leur taux de 10 à 15% selon les indices, explique François Cottard, directeur des laboratoires de développement solaire chez L’Oréal. Comme les matières premières dans le domaine des solaires sont assez grasses, cela aide à améliorer la texture. » Et, bénéfice non négligeable, les filtres n’étant pas bon marché, les coûts en sont diminués. L’Oréal peut par ailleurs se targuer d’avoir récemment mis au point une huile d’indice 30, « une galénique qui réconcilie protection et bronzage ». L’huile a été brevetée.

La recherche en matière de filtres solaires est longue et compliquée. Elle joue tout à la fois sur les tableaux de la protection et d’une galénique innovante. « Il faut développer la multifonctionnalité des produits, tout en gardant à l’esprit leur nécessaire facilité de mise en oeuvre », conclut Céline Cohecha.

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