International : les Allemands investissent durable

Yann Lefrancq, Heinz Glas

L’industrie allemande de production d’emballages bénéficie d’une solide réputation internationale et d’une longueur d’avance en matière d’environnement.

Avec un chiffre d’affaires d’environ 28 milliards d’euros (1) – 20 milliards pour la France (2) -, les Allemands s’imposent comme les premiers producteurs d’emballages en Europe tous secteurs confondus. Cette industrie, très familiale, peut compter sur une réputation internationale, une forte capacité d’investissement et une exigence historique sur les questions de développement durable. Plusieurs acteurs du secteur parfumerie-cosmétique témoignent.

Quels sont les points forts des fabricants allemands ?

Yann Lefrancq, directrice commerciale France Heinz Glas : Le poids de l’industrie dans le PIB allemand est plus conséquent qu’en France. L’Allemagne s’appuie sur un tissu de grosses PME familiales.

Olivier Roussier, directeur commercial et marketing Edelmann : La politique d’investissement outre-Rhin est bien plus importante qu’en France. Les sociétés germaniques disposent d’une forte capacité d’investissement et renouvellent notamment leurs équipements plus régulièrement. De plus, l’activité des fabricants d’emballages est très diversifiée. Ils sont présents dans tous les segments de la consommation – parfumerie, alimentaire, boisson… – et les variations de production se font de ce fait moins ressentir.

Selon vous, pourquoi l’Allemagne a-t-elle mieux résisté à la crise que la France ?

Yann Lefrancq, Heinz Glas : Nous avons davantage anticipé ses conséquences. Notre solidité financière est un autre atout. De plus, le gouvernement allemand, pour mieux supporter les effets des baisses de production, a facilité la procédure de mise en chômage technique. Il a également, très tôt, mis en place des systèmes de subventions pour limiter le nombre de licenciements. Ces mesures ont permis une grande réactivité.

Olivier Roussier, Edelmann : Les entreprises allemandes affichent un taux d’endettement moins important qu’en France et ont donc été moins pénalisées durant la crise. En outre, elles produisent davantage pour leur marché intérieur et subissent moins les conséquences des variations de production mondiales.

L’Allemagne a toujours été précurseur en matière d’environnement. Ses voisins sont-ils en train de rattraper leur retard ?

Olivier Roussier, Edelmann : Le pays possède toujours une longueur d’avance. La mise en place de panneaux solaires sur le toit des usines y est, par exemple, généralisée alors que leur installation reste très onéreuse en France.

Franco Lucà, CEO Geka Brush : Les fabricants allemands sont équipés pour respecter les normes et les exigences environnementales propres à l’Allemagne. La notion de durabilité est présente à chaque étape de la production et de nombreux outils de gestion de l’énergie, du matériel, des déchets et de l’eau existent, ce qui n’est pas forcément le cas dans les autres pays d’Europe.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Yann Lefrancq, Heinz Glas : Nous entamons la construction d’un troisième four pour la haute parfumerie. Opérationnel en janvier 2012, ce projet représente un montant d’environ 25 millions d’euros. Nous travaillons aussi à la mise au point d’un verre 100% recyclé. Nos efforts portent particulièrement sur la réduction de son bilan carbone, avec l’utilisation d’énergies propres.

Olivier Roussier, Edelmann : Le groupe va poursuivre sa croissance externe, amorcée en 2010 avec le rachat de sociétés exerçant des activités complémentaires à la nôtre. De plus, nous souhaitons accompagner nos clients dans leur développement vers les pays émergents, en produisant dans la région du monde où les produits seront vendus. Nous développons également des vernis holographiques permettant des effets très originaux, qui ne nécessitent pas la pose d’un film.

Franco Lucà, Geka Brush : En 2011, nous comptons poursuivre notre politique d’innovation en continuant à déposer de nombreux brevets, concernant notamment les brosses moulées pour mascara. Et nous allons proposer, d’ici quelques mois, des solutions full service, comprenant le remplissage des contenants pour le maquillage. Ce service va simplifier et faciliter pour nos clients la gestion de leurs projets, tant en termes de réduction des coûts que des délais d’exécution. Cette activité sera assurée dans une nouvelle usine qui verra le jour en juin, à Bechhofen, en Bavière, là où se trouve le siège de Geka. Ce site garantira le remplissage des mascaras, eye-liners et gloss.

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