Matériau : tOUT CE QUI BRILLE N’EST PAS MÉTAL

Incarnation des codes du luxe, le doré et l’argenté ont toujours le vent en poupe. Sous la pression des coûts de revient, les fournisseurs proposent des alternatives au métal : la métallisation et la galvanisation.

Malgré une tendance forte vers la naturalité et les produits bio, les packagings parés d’effets dorés ou argentés continuent de faire rêver. “L’engouement pour ce qui brille reste très vivace, confirme Serge Brigot, PDG de Graindorge, société spécialisée dans la galvanisation. Le succès de la fragrance One Million de Paco Rabanne l’atteste. Et c’est un exemple parmi d’autres.” Les marchés émergents – Asie, Moyen-Orient, Russie, continent sud-américain – restent également friands de tels effets. “Le métal apporte du prestige à un packaging, il est garant de qualité et incarne sans conteste les codes du luxe”, constate Jean-Stanislas Orlowski, fondateur de Jackel France. Serge Brigot poursuit : “2010 a été l’année de la brillance, de nombreux produits affichant des finitions chromées ou bronze blanc sont arrivés sur le marché.”

Des technologies alternatives à moindre coût

Pour aboutir à ces parachèvements, utiliser du métal reste encore la solution la plus efficace. Mais les contraintes techniques ou économiques, notamment liées à la hausse du prix des matières premières, ont obligé les industriels à rechercher des alternatives. Aucune méthode n’est à proprement parler meilleure qu’une autre, tout dépend du rendu souhaité et du budget dont on dispose.

Historiquement, la métallisation était meilleur marché, mais “cette technique tend à se complexifier, commente Serge Brigot. La galvanisation devient plus compétitive en termes de prix”. Cette dernière consiste à déposer différentes couches de métaux sur un packaging en plastique, par exemple. Dans le cas du doré, le revêtement se compose d’une très fine couche d’or, de l’ordre de quelques microns. La galvanisation est surtout utilisée pour décorer un conditionnement dans son intégralité.

Métallisation et laser pour faire “briller” le parfum

Pour des parachèvements plus précis, on a plutôt recours à la métallisation. Comme l’indique Mathieu Pivaudran, directeur général et R&D de Solev : “Cette technologie permet de souligner et de mettre en valeur certaines parties du flacon, de son capot ou de son habillage. Associée au laser, elle révèle la lumière de l’emballage et “fait briller” le parfum”. Moins répandue, l’anodisation est une variante de la métallisation.

Ces alternatives au métal présentent toutefois des limites. Elles ne reproduisent ni son toucher froid ni son poids, qui contribuent largement à son positionnement haut de gamme. En cas d’utilisation de plastique ou de verre, il est donc fréquent de lester certaines pièces, notamment le capot, afin de compenser ce déficit. Mais là encore, la subtilité est de mise. “Le poids n’est pas le seul vecteur de la valeur, tempère Mathieu Pivaudran pour Solev. Le métal léger suggère clairement la technologie. Nos process savent s’ajuster au savoir-faire des mouleurs ou des verriers pour répondre à tel ou tel impératif de la marque.”

Si, visuellement et au poids, l’effet est assuré, il n’en est pas de même pour le toucher. La sensation de froid ressentie lors de la prise en main d’une pièce en métal ne se retrouve avec aucune autre technique de parachèvement et ce critère apparaît toujours dans la plupart des briefs des marques de luxe. Pour y parvenir, aucune solution n’existe à ce jour. Nul n’est parfait.

DEUX FAÇONS D’ÉBLOUIR

Solev réinterprète la métallisation pour Guerlain

En partenariat avec les verreries Pochet et avec la confiance de Guerlain, Solev s’est appuyé sur sa technique exclusive de métallisation “en voile dégradé” pour parachever le flacon de l’eau de toilette Idylle. Cette approche créative de la métallisation permet de créer des effets aux contours estompés avec subtilité.

1 Million associe plusieurs technologies

Pour son parfum masculin, Paco Rabanne n’a pas hésité à juxtaposer les techniques de parachèvement pour briller : métallisation du plastique sur le bouton-poussoir et aluminium anodisé – une variante de la métallisation – pour la façade.

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