Ingrédient : lE MIMOSA CONNAÎT UN RETOUR EN “GRASSE”

Jacques Cavallier, maître parfumeur chez Firmenich

Cette note aux accents de feuilles de violette et de concombre est remise à l’honneur dans plusieurs compositions. Son petit côté désuet rassure en période post-crise.

La petite fleur jaune retrouve ses lettres de noblesse. Annick Goutal en a fait l’ingrédient star de sa dernière fragrance, la justement nommée Mimosa (lire p. 32). La marque remet au goût du jour cette essence qui, de même que la violette, était perçue comme un peu surannée. “Elle n’était plus à la mode”, confirme Jacques Cavallier, maître parfumeur chez Firmenich. Mais, en période de sortie de crise, elle rassure. Yves Rocher mêle ainsi le mimosa aux épices dans Vanille Noire, le cinquième volet des Secrets d’Essence, sans pour autant le mettre en exergue dans sa communication. également présent dans Champs-Élysées de Guerlain, il apparaît par petites touches dans le féminin Classique de Jean Paul Gaultier.

Un absolu très technique

Côté technique, le mimosa se travaille sous forme d’absolu. Celui-ci est obtenu par extraction des fleurs et des branches. Ces dernières prennent le dessus et, au final, il en ressort une note aux accents de feuilles de violette et de concombre. “Le mimosa ne sent pas la fleur, insiste Jacques Cavallier. En raison de son caractère assez éteint, il est très compliqué d’en faire l’axe central d’un parfum.” Si l’absolu est aujourd’hui solubilisé, il a longtemps été compact, donc difficile à exploiter par les parfumeurs. De plus, il a un rendement assez faible, ce qui fait grimper son prix et explique pourquoi il est utilisé en petite quantité. À l’usage, l’absolu de mimosa a pourtant de nombreux atouts car il permet de donner de la naturalité au coeur des parfums : “Il apporte de la rondeur aux bois, il naturalise le jasmin et illumine la rose”, poursuit le créateur.

Le mimosa appartient à la famille des acacias. C’est lui qui annonce la fin de l’hiver, tout comme il est l’une des premières fleurs du printemps. En France, il est cultivé pour être vendu chez les fleuristes mais la parfumerie se sert de sa version sauvage. La qualité grassoise, “la meilleure au monde”, affirme Jacques Cavallier, est récoltée au mois de février à Mandelieu-la-Napoule, sur la Côte d’Azur. Une situation géographique qui lui confère une facette iodée propre à cette variété. On en trouve également au Maroc, riche d’une facette plus verte, ainsi qu’en Inde et en Égypte, où il est plus sucré. À découvrir ou à redécouvrir.

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