Entreprise : iNTER PARFUMS SOUS PRESSION

«Nous avons quatre idées précises de marques à racheter.» Philippe Bénacin, PDG d’Inter Parfums.

Philippe Bénacin, le PDG d’Inter Parfums, ne cachait pas son intention de diver- sifier son portefeuille de marques de luxe. Il n’en a pas moins été pris de cours par le souhait de Burberry de prolonger d’un an l’option de rachat de sa licence, à fin décembre 2012. Le groupe de luxe britannique, qui a signé un excellent cru 2010, envisagerait de reprendre à son compte la gestion de ses produits dérivés, parfums, lunettes et montres. Inter Parfums, qui réalise 60% de son chiffre d’affaires avec cette griffe, est mis sous pression, même si Philippe Bénacin affiche un flegme apparent : “Burberry a le vent en poupe et veut mener sa marque au plus haut niveau, ce qui n’est pas illégitime”. Les négociations sont engagées avec le créateur du trench, qui souhaite “optimiser son potentiel” dans les licences. La montée en puissance de la nouvelle ligne de maquillage Burberry Beauty va-t-elle s’accélérer ? Un développement dans le soin est-il possible ? Le mix marketing des parfums peut-il être amélioré ? Ce sera l’objet des tractations des prochains mois, au cours desquels Inter Parfums défendra son savoir-faire. “Fin mai maximum, nous aurons des éclaircissements. Nous voulons nous donner le temps de la réflexion”, précise Philippe Bénacin.

Acquisitions récentes et à venir

Dans le pire des cas, l’entreprise peut s’appuyer sur ses récentes acquisitions. Elle vient de racheter la licence du joaillier Boucheron à L’Oréal. Le contrat, d’une durée de 15 ans, a pris effet le 1er janvier et une nouvelle ligne est attendue pour 2012. Inter Parfums ne compte pas s’arrêter là : une autre acquisition est prévue au premier trimestre 2011, avec un début de commercialisation également en 2012. Philippe Bénacin affirme avoir “quatre idées précises de marques intéressantes pour notre portefeuille, représentant 100 à 150 millions d’euros de chiffre d’affaires”, pas loin des 180 millions générés par Burberry. Le groupe a dégagé l’année dernière une trésorerie nette de plus de 60 millions d’euros, de quoi effectuer quelques emplettes. Dans l’immédiat, Inter Parfums aborde le lancement du premier parfum Jimmy Choo avec confiance. “Nous avons revu nos perspectives de ventes à la hausse, à 10 millions d’euros, avance-t-il. 50% des ventes devraient être réalisées en Grande-Bretagne et aux États-Unis.” Pour dix pays européens, le groupe a négocié une exclusivité d’un an avec Sephora. “Sur les marchés où la marque est moins connue, il nous faut un partenaire fort qui mette en avant les produits”, complète le PDG.

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