Communication : pHR brave l’interdit

En relançant une campagne publicitaire, le groupement de pharmaciens ravive la polémique sur l’interdiction de communiquer.

Début 2011, le réseau PHR revient, entre autres, sur le petit écran. “Nous restons sur l’idée de saynètes de la vie quotidienne, déclare Lucien Bennatan, son président. Mais, contrairement à la précédente campagne, nous mettons en avant certains services préventifs, facultatifs, tels que le conseil en diététique. Comme ceux-ci ne font pas partie du monopole du pharmacien, nous devrions être moins hors la loi.”

PHR poursuit ainsi sa croisade contre l’interdiction de communi-quer faite à un groupement de pharmacies par le Code de la santé publique. Et contre le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, qui l’a assigné devant le Tribunal de grande instance de Nanterre en 2009. Ce dernier n’a pas encore rendu son jugement. Giphar, autre réseau assigné par l’Ordre, attend aussi une décision. “Nous ne pouvons pas développer des enseignes, avoir une vision de la profession sans communiquer”, explique Lucien Bennatan.

Un jugement très attendu

Cet avis est partagé par la plupart de ses homologues. “Des décisions doivent être prises rapidement car les groupements n’attendront pas indéfiniment, avertit Daniel Buchinger, président d’Univers Pharmacie, qui ne s’exprime pas à l’échelle nationale. Il faut savoir avancer avec son temps. Il existe une réalité économique qui nous pousse à communiquer plus (…). Le Conseil de l’ordre établit les règles. La communication nationale doit être encadrée.” Et Lucien Bennatan d’ajouter : “Il y a deux ans, nous avons proposé au Conseil de l’ordre des pharmaciens la rédaction d’une charte. Ce projet n’a pas abouti”. Néanmoins, l’instance réunit régulièrement les acteurs concernés depuis une dizaine de mois pour échanger sur le sujet. “Nous avons le sentiment que cela n’avance pas. Le blocage vient de la peur de l’inconnu”, constate Daniel Buchinger.

Les tribunaux pourraient mettre fin à cet attentisme. Leur jugement dans les affaires Giphar et PHR est très attendu mais aussi craint. “Si les juges nous donnent raison, il faudra quand même définir un cadre d’exercice, sinon nous allons vers des publicités comparatives… La profession n’en sortirait pas grandie, précise Lucien Bennatan. S’ils confirment l’interdiction et nous condamnent à un mutisme total, comment pourrons-nous répliquer aux attaques d’acteurs des GMS ?”

En attendant, la plupart des intéressés restent prudents. Certains n’ont pas souhaité se prononcer et des campagnes n’ont pas été renouvelées, notamment celle de Giphar avec l’acteur Richard Berry. “Lors d’une campagne courant 2009, le taux de notoriété était de 4% en spontané pour Viadys et de 6% pour Pharma Référence”, précise PHR qui, pour sa part, continuera à promouvoir ses enseignes Viadys et Pharma Référence à la télévision et en affichage l’année prochaine.

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