Formation : des esthéticiennes high-tech

Leur formation aux technologies de pointe sur l’anti-âge, la minceur et la dépilation en est encore à ses balbutiements. Qualifier les esthéticiennes à ces méthodes constitue pourtant un enjeu crucial.

Lumière intense pulsée, ultrasons, LED, cavitation, radiofréquence, tubes et émetteurs haute pression. Ces procédés de pointe en matière d’anti-âge, de minceur et de dépilation sont de plus en plus utilisés dans les centres de beauté et les spas (lire encadré ci-dessous). Mais derrière, les formations peinent à suivre. Les référentiels du CAP, BP, bac pro et BTS ne mentionnent pas d’appareils en particulier – ceux-ci évoluent trop vite – mais des méthodes esthétiques instrumentales telles que l’ionisation, la microdermabrasion, la dépresso-aspiration… Au cours de sa carrière, l’esthéticienne qui investit dans les nouvelles technologies est libre de suivre ou non une formation.

Prévenir les risques

Certes, les fournisseurs proposent des cours sur l’utilisation de leurs machines mais pas aux techniques esthétiques correspondantes. Là est le danger. “Les dermatologues, à juste titre, mettent en garde contre les risques liés au maniement, hors contexte médical, d’une lampe flash dans ses applications vasculaires. Il n’est pas du domaine de compétence de l’esthéticienne de différencier une tache brune bénigne d’une autre potentiellement maligne, témoigne Régine Ferrère, présidente de la Cnep (Confédération nationale de l’esthétique-parfumerie). Qualifier l’esthéticienne permettra de la mettre à l’abri des conflits éventuels avec les professionnels de la santé même si, pour l’instant, aucun incident n’a été répertorié.”

C’est pourquoi la Cnep a demandé au ministère de la Santé d’encadrer l’emploi de ces nouveaux procédés dits à ondes électromagnétiques. “Les appareils à lumière pulsée et autres technologies répondent en général à la norme CE médicale. Nous demandons une norme pour les machines à finalité esthétique, qu’elles soient déclarées en préfecture et certifiées par un organisme agréé comme c’est le cas pour les dispositifs UV dans les cabines de bronzage. Vous pouvez trouver des appareils IPL sur internet accessibles à tous à partir de 1 500 euros, précise Régine Ferrère. Toute personne se servant d’un appareil doit être titulaire d’un diplôme de la branche et devrait avoir l’obligation de se former auprès d’un organisme habilité. Ces formations devraient être validées par le ministère de la Santé avec obligation de réviser les connaissances à terme. Elles doivent en outre être qualifiantes, de façon à ce que l’exercice professionnel de ces techniques soit pris en charge par les OPCA et couvert par la responsabilité civile des contrats d’assurance.” La Cnep a négocié avec Alpha Group le premier contrat qui couvre l’ensemble des nouvelles technologies sous les conditions précitées. “Le métier d’esthéticienne ne gagnera en compétence que s’il s’impose des règles déontologiques strictes”, conclut Régine Ferrère.

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