Consommation : accompagner la médecine esthétique

1. Entre médical et grand public, la gamme Interventionnel de Filorga entend jouer un rôle de relais en pré ou post-intervention.

Dans la lutte anti-âge, les actes médicaux sont de plus en plus pratiqués, à l’inverse des actes chirurgicaux. Avec un positionnement très technique, certaines marques de cosmétique ciblent les consommatrices “interventionnistes”.

Même si les stars commencent à prendre leurs distances avec la toxine botulique, l’orientation du marché des actes esthétiques demeure très claire : moins de chirurgical et plus de médical. Comme le rappelle Patricia Bénitah, du bureau de presse de l’Imcas, premier congrès européen dédié aux chirurgiens plasticiens, aux dermatologues et aux experts de l’esthétique médicale et chirurgicale : “On privilégie les techniques plus légères comme les injections ou l’utilisation de la lumière”. Chirurgie ou médecine, les deux ont été affectées par la crise mais la seconde a bien mieux résisté. Selon l’Imcas, le marché mondial de la chirurgie esthétique a enregistré un recul de 15% en 2009 contre une baisse de 0 à 5% pour la médecine esthétique (hors équipement). Le congrès estime toutefois que, en Europe comme dans le reste du monde, la médecine esthétique devrait connaître un taux de croissance annuel de 10% jusqu’en 2013.

À tout âge

Quoi qu’il en soit, ce sont principalement les femmes qui passent à l’acte. Selon Merz Aesthetics, qui commercialise le filler Radiesse (1 million de seringues vendues dans le monde), elles représentent 91% des patients de la médecine esthétique, la majorité des actes étant pratiqués sur des femmes de 35 à 50 ans. Il reste cependant très difficile de définir avec exactitude leur milieu socioprofessionnel. “Les personnes qui ont recours à de tels actes appartiennent à toutes les classes sociales et à tous les âges”, estime le Dr Nadine Pomarède. “Les femmes dont le compagnon est plus jeune sont de grosses consommatrices de médecine esthétique, précise la dermatologue Isabelle Catoni. Celles qui ne peuvent pas s’offrir d’injections d’acide hyalu- ronique s’offrent des crèmes qui en contiennent.” À celles qui font “le grand saut”, elle prescrit couramment des produits comme Epitheliale AH d’A-Derma, Redermic ou Cicaplast de La Roche-Posay, Neocica de Filorga, Teosyal de Teoxane ou encore Nacriderm Repair. “La façon dont la peau est lésée induit une prescription de topiques adaptés”, souligne la dermatologue. Pour le Dr Nadine Pomarède, “les cosmétiques occupent une place importante dans la prise en charge des patients, en accompagnement des actes pratiqués. Il est symptomatique de s’apercevoir que beaucoup ont une méconnaissance totale de leur type de peau et sont perdus devant l’offre cosmétique”.

Le rôle du médecin

L’importance du médecin dans la recommandation d’un produit n’a d’ailleurs pas échappé aux marques, qui s’adressent aux consommatrices “interventionnistes” avec un discours très technique, voire scientifique. Glytone, marque américaine relancée en 2008 par les Laboratoires Pierre Fabre, commercialise des dispositifs médicaux à usage professionnel (peelings glycoliques, fillers) auprès des médecins esthétiques et des dermatologues. Elle vend par ailleurs en pharmacie sa gamme Glytone Cosmetics, qui comprend les soins Step Up préparant au peeling, un soin Post Op pour apaiser la peau stressée ainsi qu’un soin solaire spécifique. “Nous n’avons pas une politique de vente directe auprès des pharmaciens ni de communication grand public, hormis par le biais de notre site internet. Notre priorité est le médecin car, en général, les patientes suivent ses recommandations pour la préparation à l’acte”, explique Erika Borg, directrice marketing de Glytone.

Une obligation de confort

Arrivée en France il y a trois ans, SkinCeuticals (L’Oréal Cosmétique active) recrute des acheteuses essentiellement via ses points de vente – pharmacies, para, instituts et spas – mais aussi via les visites médicales. “Nous avons commencé de façon très ciblée et nous allons élargir nos visites l’an prochain”, indique Fabrice Dubois, directeur général de SkinCeuticals France. La marque sera également présente, en décembre, aux Journées dermatologiques de Paris. Sa fourchette de prix démarre dans les 30 euros et grimpe jusqu’à 160 euros pour les produits les plus pointus. Le panier moyen est d’environ 110 euros. “Nous avons un positionnement premium. Nous ciblons les femmes “interventionnistes”, qui recherchent une efficacité maximale”, poursuit Fabrice Dubois.

Filorga, qui se revendique leader du marché de la mésothérapie avec sa gamme professionnelle NCTF, décline son savoir-faire avec des produits accessibles au grand public, comme la crème Neocica ou le dépigmentant Meso-White. “Ils sont vendus en libre-service mais les médecins les prescrivent aussi en soins relais après des séances de laser”, note Marianne Tabudlo, responsable de la communication de Filorga. “Les médecins ont une obligation de confort après les traitements. Avec de la cosmétique technique, ils peuvent offrir à leurs clientes les moyens de récupérer le plus vite possible l’intégrité de leur peau”, signale Patrice de Varax, créateur de MTX, dont les produits favorisent le processus de cicatrisation. Lancée en 2007, la marque est présente dans certains Parashop ainsi que dans une sélection de pharmacies de classe A. Ses prix publics sont assez élevés (70-75 euros) et son panier moyen s’affiche à environ 45 euros.

Ces marques ne sont pas les seules, loin de là, à vouloir capter la clientèle de la médecine esthétique. Ouvert en mai, l’Institut Esthederm est par exemple affilié à la clinique Saint-Joseph d’Angoulême. Ses prestations leaders sont les soins Repair Absolu, avec une séance de chromadermie après un peeling, et Expert Vitamine E, recommandé après des interventions dermatologiques. En 2008, le spa thermal de La Roche-Posay s’est doté d’une unité anti-âge et d’un plateau technique laser dernière génération. Nul doute que les effets se ressentent aussi sur les ventes de soins et de cosmétiques.

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