carrière : Le parcours du responsable de magasin

Si la promotion interne a toujours été favorisée dans les réseaux de parfumerie-cosmétique, les enseignes ont décidé d’accélérer le mouvement. Elles ont mis en place des programmes permettant aux conseillères de beauté de prendre en charge, à terme, un point de vente.

À condition d’être motivées, les conseillères de beauté travaillant dans des chaînes de parfumeries peuvent facilement grimper les échelons. Ainsi, 65% des managers de rayon de Sephora sont d’anciennes vendeuses. Mieux: chez Marionnaud, 80% des adjoints au directeur de magasin sont d’ex-conseillères. Et ce n’est pas fini! 50% des responsables des magasins Nocibé sont issus du sérail, dont une bonne part a débuté au poste de conseillère de vente.

Susciter les vocations

Si la promotion interne est traditionnellement favorisée dans le secteur de la distribution, elle est devenue, ces trois dernières années, un axe stratégique pour les enseignes de parfumerie- cosmétique. «Nous souhaitons fidéliser nos collaborateurs. Or, si nous voulons les garder, nous devons leur offrir des perspectives d’évolution», résume Audrey Vansteenkaiste, responsable recrutement et mobilité chez Nocibé. Pour susciter les vocations, le distributeur nordiste publie, depuis peu, toutes ses offres d’emploi sur son intranet, consultable par les 2000 conseillères de beauté de ses 352 magasins détenus en propre. Mais attention, «avant de postuler, la collaboratrice doit en informer son responsable de magasin», insiste Audrey Vansteenkaiste. Chez Marionnaud, l’ensemble des 1650 conseillères peuvent participer à la M’Pro Academy, organisée une fois par an depuis deux ans. Chacune des postulantes est reçue par un jury, composé de responsables des ressources humaines et de chefs de secteur. Les candidates sélectionnées bénéficient de 70 heures de formation au métier d’adjoint au responsable de magasin, étalées sur trois mois. Au programme de ces modules assurés par un prestataire situé à Paris: animation et pilotage du chiffre d’affaires, management, conduite d’entretiens et de réunions, analyse transactionnelle.

Parallèlement, les futures adjointes sont envoyées dans un magasin tuteur et suivies par une tutrice (la responsable du point de vente). Une fois leur formation achevée, elles sont susceptibles d’être nommées adjointes dès qu’un poste se libère. Rien ne les empêche ensuite de repostuler à la M’Pro Academy, mais cette fois-ci pour prendre en charge un magasin. Dans la promotion 2009, on trouvait ainsi 45 conseillères en passe de devenir adjointes et quinze adjointes candidates au poste de directrice de magasin. Reste que toutes les postulantes ne sont pas assurées de réussir. «La formation peut être décevante pour certaines d’entre elles. Au final, 70% des participantes à la M’Pro Academy décrochent une promotion définitive», prévient David Rivoisy, coordinateur RRH réseau chez Marionnaud.

L’international: un accélérateur de carrière

Chez Sephora, des «collégiales» régionales, réunissant une fois par an des responsables RH régionaux, des directeurs de magasin et des directeurs régionaux, font le point sur le potentiel d’évolution des conseillères dans l’année, à un an et à trois ans. Les profils les plus prometteurs sont examinés par une collégiale nationale. Les heureuses élues suivent un parcours de formation au métier de manager de rayon, dispensé à la Sephora University, ouverte en 2008 dans la boutique historique de la rue de Passy, à Paris. Une fois en poste, il leur est possible de suivre un processus identique pour devenir directeur de magasin.

«Une bonne conseillère peut très bien prendre en charge un point de vente au bout de cinq ans», assure Sophie Mouhieddine, responsable du développement RH chez Sephora. Compte tenu de son déploiement à l’international, la filiale de LVMH propose à ses conseillères des postes d’adjointes d’établissements situés à l’étranger. Une expérience riche qui peut accélérer la nomination à la tête d’un magasin.

La prime aux langues étrangères

À côté de la promotion interne, postuler à une offre d’emploi constitue l’autre solution pour prendre en charge un magasin. Cela dit, même si pour ce type de poste les recruteurs sont sensibles avant tout à la personnalité des candidats, les adjointes au directeur de magasin, habituées à encadrer une équipe, à respecter un budget et à gérer des stocks, sont préférées aux conseillères de vente. Pour autant, ces dernières peuvent tenter leur chance, notamment si elles sont titulaires d’un bac, voire d’un BTS action commerciale. Mais c’est surtout la maîtrise d’une langue étrangère qui peut faire la différence. Des conseillères parlant couramment l’anglais peuvent ainsi se voir confier un magasin situé dans une zone touristique. «Comme la pratique de l’arabe est de plus en plus demandée, des candidates d’origine maghrébine ne doivent pas hésiter à jouer de cet atout», conseille Béatrice Gueyffier, consultante au cabinet de recrutement Chantal Baudron, spécialisé dans la mode, le luxe et la beauté.

L’Institut Nocibé revoit son programme

L’Institut Nocibé va mettre en place, dès l’année prochaine, des cours de culture générale sur le soin, le maquillage et le parfum destinés aux conseillères. Il s’agit de rappeler à ces dernières les fondamentaux concernant la peau, la colorimétrie et la composition d’un parfum. Un module sera également consacré au merchandising, réalisé en fonction de l’attente des clients. Et, dès septembre, le parfumeur va revoir son programme de formation ayant trait à la relation client

Sephora récompense ses maquilleurs

C’est en septembre que l’enseigne élira ses nouveaux Make Up Masters en France, en Italie, en Espagne et en Pologne, mais aussi au Portugal, en République tchèque, aux Pays-Bas et en Turquie, quatre pays y participant pour la première fois. Ce concours est ouvert au personnel des parfumeries Sephora, sélectionné à partir d’un quiz sur les techniques de maquillage et la vente des produits, notamment ceux de la marque partenaire (Dior, Chanel, Lancôme ou Estée Lauder selon les marchés). Les finalistes doivent réaliser un look, noté par un jury composé de professionnels de la beauté et des journalistes. Le ou la gagnante devient alors l’ambassadeur du maquillage dans son pays et participe à des animations dans les magasins, et ce pendant un an

L’institut, un levier de vente

Ema Sup, centre de formation parisien dédié aux métiers de la beauté, constate une hausse des demandes de formation des esthéticiennes des parfumeries et des marques, au management, aux techniques de vente et à la relation client personnalisée. «Les enseignes et les fabricants cherchent ainsi à valoriser l’institut par rapport aux spas et aux chaînes de soins esthétiques», explique Françoise Bobée, directrice d’Ema Sup Paris, qui propose des formations sur mesure

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