Ressources humaines : lES ENTREPRISES À L’ÈRE DE L’ÉCO-MANAGEMENT

La sensibilisation des employés au développement durable a permis au groupe Yves Rocher de concevoir son hôtel spa La Grée des Landes, en Bretagne, dans le respect de la nature.

La réussite de la politique verte d’une entreprise passe par l’implication de ses salariés. Un chantier d’envergure.

Le développement durable est un thème essentiel du monde des entreprises : toutes communiquent largement sur le sujet dans leurs rapports annuels et dans la presse. Mais pour appuyer cette démarche, elles doivent mettre en adéquation les idées et les actes dans leurs murs. Le capital humain est alors fondamental pour réussir une politique verte.

“La clé de ce type de projet est la sensibilisation et la mobilisation des collègues”, déclare Francis Quinn, directeur du développement durable pour le groupe L’Oréal. Lors de sa prise de fonction, il s’est adressé en premier lieu à l’équipe des ressources humaines. “Elle était ravie d’être sollicitée dès le début, se souvient-il. Il n’y a pas de développement durable possible sans l’intégrer dans une démarche humaine responsable.” Séminaires, formations et entretiens personnalisés ont été mis en place pour accompagner le salarié. “Il est important de faire prendre conscience à chacun d’entre nous du rôle que nous pouvons jouer ensemble, souligne Francis Quinn. Le développement durable n’est pas seulement une affaire écologique, mais aussi sociétale. Cela n’est pas évident a priori…” Cette approche permet ainsi à L’Oréal de valoriser ses talents internes.

Mais cette thématique met en lumière le fossé générationnel. “Il existe une différence entre les jeunes, qui ont été sensibilisés très tôt, et les personnes plus matures, expose Franck Wodié, fondateur de l’agence Eco Management Consulting 2.0. Convaincre ces derniers du bien-fondé du développement durable est plus difficile.”

Impliquer le personnel

Lionel Scur, directeur d’exploitation de La Grée des Landes, l’éco-hôtel spa d’Yves Rocher à La Gacilly, insiste lui aussi sur la nécessité d’impliquer le personnel : “Les salariés sont les ambassadeurs de notre démarche, ils expliquent notre concept aux clients”. Ainsi, l’entreprise forme ses employés : ils ont un tronc commun de connaissances, qu’ils déclinent selon leur poste. “Le jardinier a, par exemple, été formé pour cultiver nos légumes bio, s’occuper de nos ruches…”, résume le directeur d’exploitation.

Grâce à cette sensibilisation, La Grée des Landes a facilement mis en place une nouvelle filière dans la région de La Gacilly, celle de la récupération de déchets forestiers. “Nous nous chauffons, entre autres, à l’aide d’une chaudière à bois et nous l’alimentons grâce à des associations qui ont développé un réseau pour acheminer et stocker le bois”, explique Lionel Scur.

Chez L’Oréal, les employés formés aux enjeux du développement durable seront les meilleurs ambassadeurs de la politique du groupe, notamment lors de l’installation de la nouvelle usine verte en Indonésie. “Dans un monde qui se globalise, nous sommes très attentifs à développer des relations de proximité. Nous produisons localement, nos matières premières naturelles sont sourcées localement. Être engagé localement à long terme, c’est être accepté localement pour longtemps”, précise Francis Quinn.

Chaque collaborateur doit être sensibilisé, faute de quoi le business peut en souffrir. “Les sociétés demandent à leurs partenaires d’être irréprochables sur le chapitre du développement durable. Si ce n’est pas le cas ou s’il s’agit de “greenwashing”, cela peut faire perdre des marchés”, prévient Franck Wodié.

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