Dominique Ropion, parfumeur chez IFF : lA FORCE TRANQUILLE

«Je choisis une fleur et je regarde tout ce qui la concerne, variétés, zones de production, mode d’extraction… En ce moment, c’est la rose.» Dominique Ropion.

Formé chez Roure, aujourd’hui chez IFF, il s’est imposé dans la cour des grands. Le nombre et la qualité des fragrances qu’il a signées en 2009 en ont fait le parfumeur de l’année selon les rédactions de CosmétiqueMag et de CosmétiqueHebdo.

Depuis son premier succès, Ysatis, signé en 1984 à l’âge de 27 ans pour Givenchy, Dominique Ropion a tracé son sillage et s’est imposé dans la cour des grands parfumeurs. Son parcours est jalonné de succès. On lui doit, notamment, Very Irrésistible, toujours chez Givenchy, Amor Amor chez Cacharel ou encore L’Homme chez Yves Saint Laurent. En 2009, il livre un cru exceptionnel, tant sur la qualité des créations, à l’image de Bois d’Orange de Roger & Gallet, que sur la largeur de sa palette. Il passe de Géranium pour Monsieur de Frédéric Malle à une Eau Jeune pour LaScad.

“Des surdosages incroyables”

“C’est le nez le plus précis que je connaisse, capable d’énormes libertés en termes de dosage – il ose des surdosages incroyables – tout en réglant chaque détail. Et cette minutie n’empêche pas qu’il propose des formules proches de la dinguerie. C’est une machine à idées très libre, avec des méthodes très précises”, dit de lui Frédéric Malle.

Travailleur opiniâtre, Dominique Ropion avoue un grand penchant pour les fleurs : “J’en choisis une et je regarde tout ce qui la concerne, variétés, zones de production, mode d’extraction… En ce moment, c’est la rose”. Il s’intéresse également beaucoup aux analyses. “Je suis proche des chercheurs, la recherche fondamentale me passionne.” Le tout avec sérénité. “Ce sculpteur de matières premières montre une forte résistance au stress, qu’il émane de l’interne ou de l’externe, et c’est une vraie force pour être un grand créatif”, se souvient Thierry Trotobas, vice-président parfumerie fine Europe de Mane, qui a beaucoup travaillé avec lui chez IFF.

Dominique Ropion ne se destinait pourtant pas à ce métier, même s’il en connaissait l’existence car sa mère travaillait au service des ressources humaines de la maison de composition Roure, rachetée depuis par Givaudan. “J’ai toujours aimé les odeurs. Ma mère achetait beaucoup de parfums et j’adorais les renifler. Mes premiers souvenirs sont Calandre de Paco Rabanne, Rive Gauche d’YSL et Le Dix de Balenciaga, que portait une de mes tantes.”

C’est pendant un stage d’étude au service chromatographie de Roure, alors qu’il préparait un Deug de physique – “Je m’orientais vers le métier d’ingénieur” -, que Jean Amic, alors président de la société, lui propose une place vacante dans l’école de parfumerie. Après réflexion, il pose ses bagages à Grasse trois ans durant. Il restera ensuite douze ans chez Roure puis une dizaine d’années chez Florasynth, avant de passer chez Dragocco et d’intégrer, en 2000, l’équipe de parfumerie fine d’IFF à Paris.

En 2010, il est toujours sur le devant de la scène car il signe, en collaboration avec Anne Flipo et Béatrice Piquet, le très attendu Lady Million de Paco Rabanne.

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