Matière première : la fraîcheur du galbanum est de retour

L’allure gomme du résinoïde contraste avec la senteur fraîche qu’il dégage.

Croquant et frais, le galbanum est remis au goût du jour dans une version plus moderne. Zoom sur cet ingrédient emblématique des fragrances vertes.

Dans son dernier parfum, A Scent, Issey Miyake a choisi le galbanum comme composant principal pour son côté aérien. Chez Maison Martin Margiela, c’est son aspect cru et vertical qui a été adopté pour Untitled. Ces deux fragrances du luxe alternatif remettent à l’honneur un galbanum « revisité ». Ingrédient phare de la parfumerie jusque dans les années 80, il était tombé en désuétude à cause de son caractère un peu rude. Une facette aujourd’hui atténuée, ce qui explique son retour en grâce. « Nous avons désormais la possibilité de gommer son aspect térébenthine, explique Jacques Cavallier, parfumeur chez Firmenich. Les progrès techniques nous permettent de séquencer l’extraction au CO2, de n’en garder que la note verte et de supprimer son versant âcre. Le galbanum apporte aux compositions une tonalité verte et puissante. » Il est à l’origine de la famille des parfums verts, pour son côté légumineux et frais.

Utilisé à haute dose, comme dans A Scent ou Untitled, il donne une distinction particulière. Une idée qui avait déjà été exploitée dans des classiques tels que N°19 ou Cristalle de Chanel, mais surtout Vent Vert de Balmain. Pourtant, selon le parfumeur, c’est un ingrédient plutôt difficile à maîtriser en note principale, car il a besoin d’être « bien entouré ». Lorsqu’il est traité en majeur, il devient vraiment essentiel à la composition. En mineur, « il introduit de l’éclat et du volume. » Il redonne vie à la va-nille, apporte une continuité à la fleur d’oranger et se marie bien avec les matières boisées ou épicées. « Le galbanum peut aussi intervenir dans la reconstitution de notes florales, comme des accords muguet ou jonquille, car il confère de la naturalité », précise Jacques Cavallier.

Très fusant, il est principalement utilisé dans les notes de tête. Dans Escale à Portofino de Dior ou encore Tendre Poison de la même maison, il vient en renfort pour rafraîchir des facettes plus entêtantes. Mais on peut aussi le trouver en coeur, comme l’explique le parfumeur : « Cela va dépendre du type de matière première. L’essence sera plutôt en tête et le résinoïde en coeur ». Car il existe une différence entre les deux, la première étant moins brute et moins boisée que le second.

Féminin, masculin ou mixte

L’autre intérêt du galbanum est de ne pas appartenir à un genre défini. Présent dans de nombreux parfums mixtes, tel Untitled de Maison Martin Margiela, il apparaît également dans des féminins ou des masculins, à l’image de Lacoste Original ou, plus récemment, de Zegna Colonia. Assez cher – près de 200 euros le kg pour une essence de bonne qualité ou 400 euros pour le résinoïde -, il est, en contrepartie, très puissant. « Les nez n’ont pas besoin d’en mettre beaucoup pour faire de l’effet », conclut Jacques Cavallier.

Facebook
Twitter