Développement durable : les bioplastiques, une solution d’avenir ?

Après la marque de maquillage canadienne Cargo, Korres, Ainhoa et Phyt’s ont eux aussi choisi les étuis pour rouge à lèvres en PLA de Leoplast.

Issus d’énergies renouvelables, ils peinent à se faire une place dans la cosmétique, même si leurs capacités de production ne cessent ne croître. Où en est-on réellement ?

Concevoir des pots, flacons et autres boîtiers en plastique fabriqués à partir d’amidon de pomme de terre ou de maïs, de fibres de bois ou d’herbe… Les tout premiers essais remontent à une vingtaine d’années. Toutefois, l’intérêt qui leur est porté s’est amplifié depuis deux ans à cause de la diminution annoncée des ressources fossiles et de la prise en considération des questions liées à l’environnement par les consommateurs. Si, actuellement, moins de 1% des plastiques fabriqués sont des bioplastiques, les capacités de production ne cessent de croître. Et s’ils ne représentent que 568 000 tonnes en 2010 (source : European Plastics), les prévisions pour 2013 tablent sur près de 1,4 million de tonnes. « Les marques de cosmétiques deviennent de plus en plus attentives aux répercussions de leurs emballages sur l’environnement, constate Marie-Laure Viellard, responsable marketing et communication chez Leoplast, pionnier dans les packagings en PLA (acide polylactique) dans le monde de la beauté. Devant leur succès grandissant, chaque fabricant veut lancer son propre matériau. »

Le secteur se cherche donc et se structure timidement, d’où une cacophonie qui sème le trouble dans l’esprit des consommateurs. Alexandre Poignant, PDG de Cosmeco, société française spécialisée dans l’injection et partenaire commercial exclusif de Biowert, est catégorique : « Pour l’instant, seules les marques bio utilisent des bioplastiques, mais toutes vont y venir, c’est une nécessité ». Encore faut-il que ces matériaux offrent des possibilités identiques aux plastiques traditionnels. Leur prix reste un frein, mais l’augmentation des volumes les rendra compétitifs. Concernant leur recyclage, la part du végétal étant encore faible, les bioplastiques sont traités par la filière plastique, donc incinérés.

Le futur serait ainsi en train de se jouer au niveau de l’origine des ressources. Bioplastique le plus connu et le plus exploité, le PLA, issu d’amidon de maïs, pourrait être dépassé par des matériaux jugés plus éthiques. En effet, le maïs, gourmand en eau, constitue une culture vivrière. Et ce, même si les producteurs précisent que la céréale utilisée provient des surproductions agricoles. « Leoplast développe en outre un plastique résistant davantage à la chaleur. L’acétate de cellulose (AC) est réalisé à partir de pulpe de bois et reste stable même à 50°, mais il se révèle moins biodégradable que le PLA », précise Marie-Laure Viellard.

Performance et esthétisme

De son côté, DuPont Packaging, a mis au point le Biomax PTT, une résine élaborée comportant 35% de maïs. « L’industrie de la cosmétique et du luxe se montre particulièrement exigeante en termes de performance, de barrière et d’esthétisme, remarque Jonathan Cohen, responsable marché Cosmetic & personal care packaging. Le Biomax répond à ces attentes. Il affiche en plus une brillance exceptionnelle, évite la pose d’un vernis de protection et résiste aux égratignures. »

Enfin, le développement des bioplastiques, quelle que soit leur origine, passera par l’établissement de normes au niveau européen et mondial, ce qui manque actuellement, ainsi que par la création d’une filière de recyclage dédiée. Le challenge sera aussi d’obtenir la transparence, ce qui n’a pas encore été atteint avec des plastiques bio-sourcés. Leur succès en dépend.

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