MÉTIER : parfumeur, un exercice moins solitaire

Dans le numéro de L’Express Style consacré aux personnalités qui ont marqué 2009, Thierry Wasser, nez de la maison Guerlain, et Francis Kurkdjian, parfumeur créateur, prennent la pose et donnent leur définition du style.

Savoir parler aux médias et travailler en équipe font partie des nouvelles compétences demandées aux parfumeurs.

Le métier que j’exerce aujourd’hui n’est plus le même qu’à mes débuts, raconte Olivier Cresp, parfumeur chez Firmenich. Nos clients ont changé et notre profession s’adapte. » En effet, les nez doivent désormais savoir vendre leur projet mais aussi se mettre en avant. « Cela nécessite de bien connaître les grands marchés mondiaux, d’avoir de la culture et une bonne expression orale », constate Yvan Bagnis, directeur général parfumerie fine de Firmenich.

Lors d’un lancement de parfum, la présence de celui qui l’a composé est devenue incontournable. « Nous sommes là pour accompagner la marque et promouvoir la création, au même titre qu’un acteur le fait pour un film », explique Christophe Raynaud, parfumeur chez Givaudan. Certains semblent prendre plaisir à cet exercice, qui consacre l’aboutissement d’un projet. Les créateurs apparaissent aussi de plus en plus dans la presse au rang de « people « . Christine Nagel (Fragrance Resources) ouvre ainsi les portes de son appartement aux lectrices de Marie Claire dans le numéro de février. Les nez sont pourtant loin d’être préparés à leurs nouvelles responsabilités.

Tout juste sortie de l’école Givaudan, Nadège Le Garlantezec, qui vient de rejoindre l’équipe parfumerie fine, avoue que ses études ne l’ont pas formée à la prise de parole devant les médias. Pour ses premiers pas dans la vie active, elle peut compter sur Antoine Maisondieu, devenu son coach au sein de Givaudan. « Débuter à ses côtés facilite mon intégration, raconte-t-elle. Il y a une grande part d’observation, mais je lui fais aussi sentir des accords sur lesquels je travaille. » Une relation qui peut conduire à un nouvel aspect du métier : le travail en équipe.

Créer de plus en plus rapidement

Depuis quelques années, il n’est pas rare de voir des créations collectives. Une conséquence des mutations de l’industrie : « On nous demande de composer plus rapidement, expose Christophe Raynaud, qui a signé 1 Million de Paco Rabanne avec Olivier Pescheux et Michel Girard. Être plusieurs sur un projet permet d’éviter les temps morts, puisqu’il y a toujours quelqu’un pour prendre le relais ». Des collaborations qui ne doivent pas réunir plus de trois personnes car, au-delà, « trop de styles se mêlent dans une même formule », confie Olivier Cresp, qui a épaulé récemmétier Parfumeur, un exercice moins solitaire Savoir parler aux médias et travailler en équipe font partie des nouvelles compétences demandées aux parfumeurs. ment Marie Salamagne sur So Elixir d’Yves Rocher. Travailler ainsi s’est révélé avantageux, pour les parfumeurs comme pour leurs clients. Cela stimule les premiers, qui se conseillent les uns les autres. Les entreprises sont elles aussi rassurées. « Les marques essaient de lancer des parfums qui plaisent à plusieurs marchés, explique Yvan Bagnis. Associer un nez américain à un nez français permet de conjuguer les deux visions. » De même, l’oeuvre commune d’un jeune parfumeur et d’un grand nom peut avoir un impact semblable.

Au-delà de l’émulation, si les créateurs jouent le jeu, c’est aussi « parce que les maisons de composition ont aligné leurs primes sur cette nouvelle règle », révèle Christophe Raynaud. En tout état de cause, dans un travail à plusieurs, les ego doivent s’effacer pour laisser la place à la création, seule véritable star.

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