métier : Devenir maquilleuse télé

Maquiller les stars du petit écran, ça fait rêver. Le métier nécessite pourtant beaucoup de sacrifices et de ténacité. Trois maquilleuses témoignent.

Chance, volonté et rencontres. C’est ce que l’on peut retenir des témoignages de Sarah, Lucille et Patricia, maquilleuses sur des plateaux de télévision. Si leurs parcours diffèrent, elles ont en commun une vraie passion pour leur métier. Pour maquiller les stars du petit écran, le chemin est long. Une formation est nécessaire pour acquérir les bases propres au monde du spectacle. «Le maquillage pour la télévision exige une vraie technique», souligne Sarah. «Il faut surtout travailler le teint car, sous les projecteurs, la peau a tendance à briller», précise Lucille. Les formations, nombreuses, sont accessibles avec un CAP d’esthétique. Elles peuvent durer de quelques mois avec un stage de fin d’études à deux ans en alternance. Lucille a choisi la seconde option?: «Pendant ma formation, j’ai travaillé pour la chaîne câblée Game One puis, grâce aux contacts que je m’y suis faits, pour d’autres antennes du groupe M6». C’est aussi un métier de rencontres car les présentateurs peuvent choisir leur maquilleur. Par exemple, Sarah a croisé Naguy sur le tournage d’une émission. «Depuis, il fait appel à moi, raconte-t-elle, et cela fait dix ans que ça dure.» Cette fidélité est rassurante et permet des cachets réguliers.

Un statut précaire

Assimilés aux intermittents du spectacle, les maquilleurs télé ont un statut assez inconfortable, surtout en début de carrière. Ainsi, il faut avoir travaillé 507 heures sur une dizaine de mois pour bénéficier de l’allocation. «C’est beaucoup pour un débutant, explique Lucille, qui ne remplit pas encore les conditions après trois ans d’expérience. De plus, c’est un statut à renouveler chaque année.» Les horaires peuvent aussi être décalés. «Le maquilleur est le premier sur le lieu d’un tournage. Il doit être ponctuel car sans lui, rien ne peut commencer», indique Lucille. Mais ne noircissons pas le tableau. «La télévision attire nombre de jeunes diplômés car il y a une demande relativement récurrente, ce qui est quand même rassurant», conclut Patricia, qui anime une émission de relooking sur Direct 8.

Conseils de pros

Lucille Reggiani, 24 ans, trois ans de métier «Suivre une formation est indispensable, essentiellement pour deux raisons?: d’une part, elle apporte les bases techniques du métier et d’autre part, elle permet de se faire des contacts pendant les stages obligatoires.»

Sarah Joly, 37 ans, seize ans de métier

«Si le facteur chance est important, il faut s’accrocher sans pour autant accepter trop de boulots non payés. Il faut savoir dire stop au travail impayé. Pour me faire la main au départ, j’ai accepté quelques courts métrages à titre gracieux.»

Patricia Boissière, 46 ans, vingt-six ans de métier

«La ténacité est une qualité essentielle?; il ne faut pas baisser les bras au premier refus. Il faut aussi être perfectionniste et savoir composer avec les artistes car on n’a pas droit à l’erreur.»

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